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Lazare Ponticelli, le dernier poilu français, est mort
LE MONDE | 12.03.08 | 17h08 • Mis à jour le 12.03.08
| 17h09
Il
était, en France, le dernier ancien combattant de 14-18, l'ultime
rescapé parmi les 8,5 millions d'hommes mobilisés en
bleu horizon. Le der des der. Lazare Ponticelli est mort, mercredi
12 mars, au Kremlin-Bicêtre, à l'âge de 110 ans.
Ce survivant nous reliait physiquement à des photos défraîchies
de pioupious en capote, les bandes molletières tirebouchonnées
sur les brodequins, à des images tournées à la
manivelle d'hommes hirsutes, le regard vide, enterrés vivants
dans les tranchées. Avec sa disparition, la première
guerre mondiale s'enfonce un peu plus dans les brumes du passé.
7
décembre 1897 : Naissance à Bettola (Italie)
1914 : S'engage dans la légion étrangère
1915 : Intègre l'armée italienne
1939 : Obtient la nationalité française
12 mars 2008 : Mort au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne)
Tant qu'il l'a pu, le vieil homme aura témoigné sur
le conflit, encore et encore, même quand ne sortait plus de
sa bouche qu'un filet de voix à peine intelligible. Alors que
beaucoup de vétérans s'étaient claquemurés
dans le silence pour ne pas avoir à raconter l'horreur, Lazare
Ponticelli avait choisi de dire l'indicible. Il assumait ce devoir
pour ceux qui n'avaient pas eu la chance de s'en tirer.
"Tous ces jeunes tués, je ne peux pas les oublier. Quel
gâchis !" Alors, pour eux et pour la gloriole, Lazare ouvrait
aux solliciteurs sa petite maison acquise dans les années 1920,
au Kremlin-Bicêtre. Au milieu des meubles patinés, les
histoires de cet homme qui avait fréquenté trois siècles
étaient une remontée dans le temps. C'était aussi
une leçon d'humanisme apprise en enfer.
Ses souvenirs de la vie quotidienne d'un simple soldat, d'un poilu,
préservaient de l'oubli ou, pire, de la réécriture
dogmatique. S'y mêlaient sens du devoir, écœurement,
obéissance, héroïsme, révolte, fraternité.
Ses bribes remontant au hasard de la mémoire résumaient
les contradictions qui traversaient les combattants, emportés
sans toujours comprendre, broyés par des événements
qui les dépassaient.
Il nous parlait d'eux, ses camarades, et des autres, en face, pas
si mauvais bougres, finalement. La narration semblait mécanique.
Mais une larme surgissait sur le rebord des yeux et roulait lentement
sur la joue. Elle remontait de quatre-vingt-dix ans.
Parfois, le narrateur prenait des licences avec la chronologie. Les
scènes s'embrouillaient. De quoi faire tiquer les historiens.
Mais fallait-il prendre ces souvenirs au pied de la lettre ? N'était-ce
pas plutôt l'esprit qui comptait ? L'accumulation d'anecdotes
formaient la geste du poilu, racontée par le dernier d'entre
eux.
Chaque 11 novembre, Lazare allait à pied au monument aux morts
du Kremlin-Bicêtre, râlait contre les discours ampoulés,
emphatiques, "toujours trop longs". Il se rendait aussi
dans les écoles à 100 ans passés et martelait
la même supplique. "Aux enfants, je leur dis et je leur
répète : ne faites pas la guerre."
La vie de Lazare Ponticelli était exemplaire pour bien plus
que cette parenthèse terrible de quatre ans. C'était
aussi l'histoire d'un émigré italien illettré,
enfant de rien devenu patron d'une multinationale. Le parcours d'un
"Rital" qui voulait absolument se battre pour cette France
qui l'avait toléré, puis renié, enfin reconnu
sur le tard comme un des siens.
"J'AI VOULU DÉFENDRE LA FRANCE PARCE QU'ELLE M'AVAIT DONNÉ
À MANGER"
Lazare fut longtemps Lazzaro, né le 7 décembre 1897,
à Bettola, en Emilie Romagne. Il est issu d'une famille pauvre
de sept enfants. Un frère puis son père meurent en 1903.
La mère abandonne la famille qui se disperse. La sœur
aînée emmène une partie de la fratrie "au
paradis", là où il y a du travail, en France. Trop
jeune, Lazare reste en Italie. Il est confié à une marâtre.
A 9 ans, n'ayant aucune nouvelle des siens, Lazare décide de
partir à son tour. Il prend le train pour Paris, débarque
gare de Lyon sans parler un mot de français, ne sachant ni
lire ni écrire. Il erre trois jours dans la salle des pas perdus,
est recueilli par une famille italienne qui le prend en pitié
et l'héberge quelques mois.
Lazare devient ramoneur et crieur de journaux. Dès la déclaration
de guerre, trichant sur son âge, l'Italien s'engage. Il intègre
le premier régiment de marche de la légion étrangère
de Sidi Bel Abbes, y retrouve par hasard son frère Céleste.
"J'ai voulu défendre la France parce qu'elle m'avait donné
à manger", explique Lazare. Après un mois d'instruction,
il est envoyé au front, sous les ordres d'un descendant de
Garibaldi.
Il participe à la confusion des premiers mois. Son premier
fait d'arme est d'avoir, alors qu'il était de garde, blessé
un général au mollet. Il assiste à l'hécatombe,
soigne son frère, blessé au combat. Le régiment
perd un quart de ses effectifs en trois semaines. "Au début,
nous savions à peine nous battre et nous n'avions presque pas
de munitions. Chaque fois que l'un d'entre nous mourait, on se taisait
et on attendait son tour." Il crapahute dans la guerre de mouvement
(Soissons, Vitry-le-François, l'Argonne), survit à la
pagaille. Puis il creuse les premières tranchées d'un
conflit qui s'organise pour durer.
Lazare Ponticelli aimait raconter ce jour où un homme s'était
retrouvé blessé dans le no man's land qui séparait
les lignes. Les brancardiers n'osaient s'aventurer sous le feu. "Il
hurlait : Venez me chercher, j'ai la jambe coupée. Je n'en
pouvais plus. J'y suis allé avec une pince. Je suis d'abord
tombé sur un Allemand, le bras en bandoulière. Il m'a
fait deux avec ses doigts. J'ai compris qu'il avait deux enfants.
Je l'ai pris et je l'ai emmené vers les lignes allemandes.
Quand ils se sont mis à tirer, il leur a crié d'arrêter.
Je l'ai laissé près de sa tranchée. Il m'a remercié.
Je suis reparti en arrière, près du blessé français.
Il serrait les dents. Je l'ai tiré jusqu'à nos lignes,
avec sa jambe de travers. Il m'a embrassé et m'a dit : Merci
pour mes quatre enfants. Je n'ai jamais pu savoir ce qu'il était
devenu."
En 1915, Lazare se bat du côté de Verdun lorsque l'Italie,
le 24 mai, se range aux côtés des Alliés. Un officier
le fait rechercher dans les tranchées. "Tous les Italiens
devaient retourner se battre chez eux." Le légionnaire
proteste, souhaite rester. "Je pensais que m'être battu
pour la France avait fait de moi un Français." Déception.
"Ils m'ont dit : Il faut vous en aller ." Il est démobilisé
de force, rentre à Paris, se cache six semaines, tente de se
réengager dans l'armée française, est finalement
transféré entre deux gendarmes à Turin.
"JE TIRE SUR TOI MAIS JE NE TE CONNAIS MÊME PAS. SI SEULEMENT
TU M'AVAIS FAIT DU MAL"
Il enfile à regret l'uniforme italien, intègre les chasseurs
alpins, se retrouve dans le Tyrol, enterré dans la neige face
aux lignes autrichiennes. Ses compagnons parlent couramment l'allemand.
Les deux camps s'envoient des messages avec un élastique puis
sympathisent. "Ils nous donnaient du tabac et nous des boules
de pain. Personne ne tirait plus."
Les hommes organisent même des patrouilles communes. La farce
dure trois semaines, manque de se terminer devant un conseil de guerre.
"L'état-major nous a déplacés dans une zone
plus dure." En 1916, il est sur le Monte Cucco, qui sera le théâtre
d'une terrible bataille l'année suivante. Les hommes multiplient
les assauts stériles et dévastateurs, affrontent les
gaz sans masque.
Lazare reste plus de deux jours derrière sa mitrailleuse. Des
éclats d'obus lui grêlent le visage. Aveuglé par
son sang, il parvient à bloquer des Autrichiens qui se sont
réfugiés dans une caverne. Sa section fait deux cents
prisonniers. Le héros blessé est envoyé à
l'arrière. Il est opéré sans anesthésie,
des hommes le maintiennent cloué sur la table d'opération
pendant que le chirurgien creuse la plaie et la badigeonne d'alcool.
Ses faits d'arme valent à Lazare une citation mais également
un dégoût absolu de cette guerre. "Je tire sur toi
mais je ne te connais même pas. Si seulement tu m'avais fait
du mal." La révoltante absurdité des combats est
traversée d'infimes moments de bonté dont la rareté
fait la valeur.
"Mon meilleur souvenir en Italie, ce sont les lettres que ma
marraine de guerre, une porteuse de lait que j'avais rencontrée
avant de partir au front, m'envoyait. Ne sachant à l'époque
ni lire, ni écrire, ce sont des copains qui m'aidaient à
correspondre avec elle." Après quelques semaines de convalescence
à Naples, Lazare est renvoyé en 1918 sur le front, vers
Montello, où il apprend l'Armistice. Autrichiens et Italiens,
"tous les gars levaient les bras en l'air".
Lazare est contraint de rester sous l'uniforme italien. Il apprend
par hasard la mort d'une de ses sœurs, Catherine, victime de
la grippe espagnole. En 1920, l'armée italienne souhaite le
démobiliser. Il refuse : il veut l'être sous l'uniforme
français, avec lequel il a commencé la guerre, ce qui
lui permettra de revenir légalement dans ce pays. Il lui faut
à nouveau se battre, cette fois contre l'absurde administration.
Il obtient finalement gain de cause. Il revient à Paris, avec
cinq francs en poche.
Il redevient ouvrier. Avec Céleste et un autre frère,
Bonfils, il monte une entreprise de ramonage et de chaudronnerie.
Il se marie en 1923 avec une Française, Clara, dont il a trois
enfants. Lazare n'obtiendra la nationalité française
qu'en 1939, à la veille de la déclaration de guerre.
Il veut encore se battre mais est jugé inapte au service parce
que trop âgé. Il traverse sans déshonneur l'Occupation.
Après la Libération, sa société Ponticelli
frères continue de prospérer. Elle se diversifie, notamment
dans les travaux publics et l'extraction pétrolière,
prend une stature internationale. Le groupe a aujourd'hui un chiffre
d'affaires de 480 millions d'euros et emploie 3800salariés.
Lazare Ponticelli en abandonnera progressivement les rênes dans
les années 1960.
Il lui restait à honorer la promesse faite à ses camarades
des tranchées. "Quand nous montions à l'assaut,
nous nous disions : Si je meurs, tu penseras à moi. "
Ne jamais les oublier : le dernier rescapé aura respecté
jusqu'au bout ce serment.
Benoît
Hopquin
Hommage
national au soldat Ponticelli

Lazare Ponticelli. REUTERS
Les obsèques auront lieu lundi
matin aux Invalides pour le dernier poilu de la guerre 14-18, mort
mercredi matin à l'âge de 110 ans.
LIBERATION.FR : mercredi 12 mars 2008
Quelques semaines avant sa mort, il avait finalement donné
son accord pour un hommage national, «au nom de tous ceux qui
sont morts durant la Grande guerre»; les obsèques de
Lazare Ponticelli, le dernier poilu de la Première guerre mondial
mort mercredi à l’âge de 110 ans, auront donc lieu
lundi matin aux Invalides à Paris.
L’hommage
prendra la forme d’une messe et sera célébré
«en présence des plus hautes autorités de l’Etat»
– dont le président de la République – mais
aussi de la Légion étrangère, à laquelle
avait appartenu Lazare Ponticelli.
Les hommages se sont succédé toute la journée:
Jacques Chirac («Sa disparition est un moment important dans
notre Histoire et notre mémoire collective»), François
Fillon («Il représentait une génération
qui a donné ses vingt ans pour la France»), sans oublier
l’invariable Jean-Marie Le Pen («L’exemple (des
poilus) doit nous rappeler que la patrie française a toujours
besoin d’être défendue, aujourd’hui face
aux torrents migratoires, au rouleau compresseur de l’Europe
antinationale, et à la décadence généralisée»).
La Légion
étrangère a aussi rendu hommage au dernier poilu de
la grande guerre mais aussi «plus ancien légionnaire
immatriculé». Se disant «attristée par la
mort de son dernier poilu de la Grande Guerre», elle précise
dans un communiqué qu’elle «rendra un hommage particulier
au soldat et à l’homme» lors de la cérémonie
nationale prévue dans les prochains jours aux Invalides. Lazare
Ponticelli, rappelle-t-elle, «avait servi dans les rangs de
la Légion étrangère de 1914 à 1915, au
sein du 4e Régiment de marche du 1e étranger, unité
surnommée «Légion garibaldienne» et composée
exclusivement de légionnaires italiens.»
Engagé
à l’âge de seize ans, Lazare Ponticelli s’était
illustré notamment dans les combats meurtriers de la forêt
d’Argonne, rappelle la Légion.
Lazare
Ponticelli est mort «dans une relative tranquillité»,
a précisé mercredi à l’AFP Jean-Luc Laurent,
maire MRC de la ville du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) où
il vivait. «Il n’est pas parti dans la souffrance, il
n’allait pas bien depuis quelques jours», a ajouté
M. Laurent. Outre des funérailles nationales, organisées
par la République, Lazare Ponticelli fera l’objet d’un
hommage local au Kremlin-Bicêtre, dont il était citoyen
d’honneur, a encore dit le maire de la ville, qui a rendu visite
à sa famille mercredi en milieu d’après-midi.
Lazare
Ponticelli avait dans un premier temps refusé l’idée
d’avoir des obsèques nationales comme le proposait le
gouvernement. Mais il avait finalement décidé d’accepter
un hommage national «au nom de tous ceux qui sont morts, hommes
et femmes», pendant la Première guerre mondiale.
Grand Angle
Un «rital» qui s’est battu dans deux armées
Parcours. Ponticelli a défendu son pays d’accueil avant
d’être appelé en Italie.
JEAN-DOMINIQUE MERCHET
QUOTIDIEN : mardi 5 février 2008
Le dernier poilu est un immigré italien arrivé en France
en 1906. Un «rital» débarqué seul et sans
papiers, gare de Lyon, à l’âge de 9 ans, fuyant
la misère de son village natal, dans les monts d’Emilie-Romagne.
Lazare Ponticelli, qui a fêté son 110e anniversaire en
décembre 2007, a de manière assez exceptionnelle participé
deux fois à la Première Guerre mondiale : d’abord
dans les rangs de l’armée française, puis dans
ceux de l’armée italienne. Depuis la mort de Louis de
Cazenave, le 20 janvier, Lazare Ponticelli est donc l’ultime
survivant des 8,5 millions de soldats français qui prirent
part à la guerre de 1914-1918. Il est, malgré lui, devenu
un symbole. Après l’avoir longtemps refusé, il
a accepté, fin janvier, le principe «d’obsèques
nationales, sans tapage important ni de grand défilé,
au nom de tous ceux qui sont morts, hommes et femmes».
S’il
souhaite une «messe aux Invalides en hommage à [ses]
camarades morts dans cette horreur de la guerre», il préfère,
en revanche, être inhumé dans le caveau familial du cimetière
d’Ivry (Val-de-Marne). L’idée d’obsèques
nationales pour le dernier poilu avait été approuvée
par Jacques Chirac en novembre 2005.
Sa date de naissance n’est pas connue avec précision.
Officiellement, il s’agit du 7 décembre 1897, mais il
est probable qu’il s’agisse d’une erreur. Il aurait
été inscrit à l’état civil le 27,
puis le chiffre 2 aurait été effacé. Mais sa
mère racontait avoir accouché le 24 et se rappelait
qu’une tempête de neige qui frappait alors la région
avait empêché toute sortie pendant trois jours. L’Italie
dans laquelle le petit Lazare voit le jour est un pays où sévit
une extrême pauvreté. C’est l’Afrique d’aujourd’hui,
sans l’aide humanitaire. Ni école ni médecin,
la faim au ventre et l’émigration pour seul horizon.
A 9 ans, après la mort de son père, il décide
de rejoindre, à Paris, une partie de sa famille - dont sa mère,
qui l’a quasiment abandonné. Sa vie va ressembler alors
à celle d’un personnage de Charles Dickens. Hébergé
par des hôteliers italiens, il trouve des petits boulots, s’en
sort sans aucune aide sociale et crée dès 1913 - il
a 16 ans - une petite entreprise de ramonage !
En 1914,
lorsque éclate la guerre, il souhaite aussitôt s’engager
pour défendre le pays qui l’a accueilli, mais il est
à la fois trop jeune et de nationalité étrangère.
Il finit par rejoindre le seul corps qui l’accepte, la Légion
étrangère, comme des milliers de volontaires venus s’enrôler
pour défendre la France. Au 4e régiment de marche du
1er étranger, il retrouve par hasard son frère, au milieu
de nombreux Italiens, souvent des «garibaldistes».
En décembre
1914, son unité est engagée sur le front de l’Argonne.
Durant trois semaines, il découvre les tranchées et
le feu de l’artillerie allemande. Puis son régiment est
renvoyé vers l’arrière, pour apprendre qu’il
est dissous. Car, en mai 1915, l’Italie entre en guerre au côté
de la France. Un accord entre les deux pays prévoit que l’armée
française doit renvoyer ses combattants italiens vers leur
pays natal. Lazare Ponticelli, démobilisé, refuse, et
c’est entre deux gendarmes qu’il sera reconduit à
Turin. Il est aussitôt incorporé chez les Alpini, les
chasseurs alpins, pour aller combattre les Autrichiens dans le Tyrol.
Blessé au visage, il ne sera renvoyé au front qu’en
1918.
Ces souvenirs
de guerre - que nous publions ci-dessus - sont-ils l’exact reflet
de la réalité ? Plus de quatre-vingt-dix ans après,
les faits, racontés oralement des centaines de fois, ont pris
la forme de récits légendaires qui témoignent
de l’expérience des combattants de la Grande Guerre.
C’est sans doute comme cela qu’il faut d’abord les
lire aujourd’hui.
Démobilisé
en 1920, Lazare Ponticelli revient en France où il se lance
dans les affaires avec deux de ses frères. Ils créent
une entreprise de chaudronnerie et de constructions métalliques.
Installée dans le XIIIe arrondissement de Paris, elle va rapidement
prospérer. Naturalisé français en 1939, Lazare
participera à des activités de résistance sous
l’Occupation, avant de prendre finalement sa retraite en 1960.
Le groupe Ponticelli emploie aujourd’hui 4 000 salariés.
Le «rital» a bien réussi. Il lui restait à
devenir le der des ders.
A lire
: Hommage à Lazare Ponticelli de Raymond Muelle, Philippe Guyot,
Clément Ragot et Fabienne Mercier-Bernadet. Editions l’Esprit
du livre. 20 euros.
Dans les coulisses de «Libération»
Poilu pas perdu
FLORENT LATRIVE
QUOTIDIEN : mardi 5 février 2008
Quand
Louis de Cazenave est décédé fin janvier, laissant
son titre de «der de la der des ders» à Lazare
Ponticelli, nous avons cru disposer d’un document important
: une journaliste, Johanna Sabroux (merci à elle), avait recueilli
pour Libération et son site Web le témoignage oral de
l’ancien poilu fin 2005. Un entretien rare, durant lequel Lazare
Ponticelli évoque sa sale guerre, et qui fut aussitôt
mis en ligne sur Libération.fr. Mais deux ans plus tard, nous
voici victimes d’obsolescence informatique : après deux
changements de système, nous ne disposons plus d’aucune
trace de ces enregistrements… Une recherche sur le Web nous
indique qu’un des animateurs du Collectif de recherche sur la
guerre 14-18 semble avoir téléchargé le témoignage.
Contacté par téléphone, Jérôme Charraud
douche d’abord nos espoirs : il avait bien conservé les
enregistrements, mais son disque dur a crashé en mars dernier.
Il contacte plusieurs de ses collègues, susceptibles d’avoir
archivé les paroles de Ponticelli. Avec succès. C’est
ce document, sous-titré pour plus de clarté, et mis
en images grâce à des éléments fournis
par le service documentaire des armées, que vous pouvez retrouver
sur libelabo.fr, le site audio vidéo du journal. C’est
aussi la transcription de cet entretien que vous pouvez lire dans
les pages «Grand Angle» du journal, avec un portrait du
poilu écrit par Jean-Dominique Merchet.
Le dernier poilu est mort
Ils n’étaient plus que deux à la fin de l’année
dernière, deux poilus encore vivants, derniers témoins
de la Grande guerre. C’est désormais terminé.
Lazare Ponticelli vient de décéder à l’âge
de 110 ans. Soit un mois et demi après Louis de Cazenave, décédé
aussi à l’âge de 110 ans.
En 2005,
Lazare Ponticelli avait raconté sa sale guerre à la
journaliste Johanna Sabroux pour Libération. C’est ce
témoignage, sous-titré pour plus de clarté, et
mis en images avec le concours du service documentaire des armées,
que nous (re)publions aujourd’hui, en quatre épisodes.
Interview: Johanna Sabroux / Mix: Marc Quattro
Images: ECPAD et AFP / Réalisation: Florent Latrive
LE
KREMLIN-BICÊTRE. Lazare, 109 ans, debout pour commémorer
l'Armistice
Lazare Ponticelli est l'un des deux derniers poilus encore en vie
et le seul à célébrer hier l'Armistice du 11
novembre 1918.
MALGRÉ
un rhume et son grand âge, Lazare Ponticelli, 109 ans, a tenu
à être là, une nouvelle fois, pour honorer ses
camarades tombés au front pendant la guerre de 1914-1918. L'ancien
combattant en avait fait le serment à l'un de ses camarades
avant que ce dernier ne meure. Devant une foule venue nombreuse pour
le voir, cet homme à l'allure frêle a célébré
le 89 e anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale
devant le monument aux morts du Kremlin-Bicêtre, la ville où
il réside depuis 1925.
«
J'espère être là l'année prochaine »
Aidé
notamment par le maire, Jean-Luc Laurent (MRC), et le sous-préfet
de L'Haÿ-les-Roses, Didier Montchamp, cet ancien de la légion
étrangère s'est levé de son fauteuil roulant,
a ôté sa casquette en signe d'hommage, avant de déposer
un bouquet de fleurs sur l'édifice. « Il est content
qu'il y ait beaucoup de monde et notamment des jeunes, explique un
peu plus tard Jacques Bonin, mari de la petite-fille de Lazare Ponticelli.
Il trouve que c'est important pour le souvenir et pour que ça
ne se reproduise pas. »
Denise,
une jeune Allemande de passage en France chez sa correspondante, a
pu brièvement s'entretenir avec lui : « Il m'a dit qu'il
ne fallait plus de guerre entre les peuples et qu'il fallait tirer
les leçons de l'histoire. »
Aux jeunes
enfants qui l'entourent, il adresse d'une voix faible un conseil de
sage : « Travaillez bien à l'école pour devenir
des ingénieurs », autrement dit pour avoir un métier
qualifié, comme lui. Lui, qui après la guerre a réussi
à monter avec ses frères une entreprise prospère
qui emploie encore aujourd'hui 2 000 salariés. Malgré
une vie bien remplie, Lazare Ponticelli refuse les honneurs personnels,
comme par exemple des funérailles nationales : « Ce serait
un affront pour tous ceux qui sont morts avant moi », estime-t-il.
«
Nous accepterons un hommage national, mais au nom de tous les poilus
tombés en 1914-1918 », explique Janine de Baucheron,
sa fille, âgée de 80 ans. Parmi le public, nombreux sont
les gens venus spécialement au Kremlin-Bicêtre pour lui.
« C'est certainement la dernière fois qu'on le voit »,
glisse Eric, venu d'Orsay (Essonne). Comme en écho, Lazare
Ponticelli répond : « J'espère être là
l'année prochaine, si Dieu me le permet, mais c'est difficile
quand on arrive à mon âge. »
Anne-Laure Abraham
Le
Parisien , lundi 12 novembre 2007

LE KREMLIN-BICETRE,
HIER. Lazare Ponticelli, 109 ans, a participé aux cérémonies
célébrant l'Armistice
et s'est tout particulièrement adressé aux jeunes qu'il
a encouragés à bien travailler à l'école.
(LP/A.-L.A.)
Du
Canada ....
http://www.cyberpresse.ca/article/20070919/CPMONDE/70919134/1014/CPMONDE
Le mercredi 19
septembre 2007
France: la tombe du maréchal Pétain
vandalisée
Agence France-Presse
Nantes, France
La tombe du maréchal
Pétain sur l'Ile d'Yeu, au large de la côte Atlantique
(ouest de la France), a été vandalisée dans la
nuit de mardi à mercredi, a-t-on appris auprès de la
gendarmerie.
La croix de la tombe a été cassée. Des décorations
funéraires de tombes avoisinantes ont été jetées
et le contenu d'une poubelle de 100 litres renversé sur la
tombe du maréchal, a-t-on précisé de même
source. Une enquête a été ouverte.
«Une dizaine
de tombes autour ont aussi été saccagées»,
a déclaré à l'AFP Henri Thibaud, maire adjoint
de l'Ile d'Yeu. Les plaques de marbre, couronnes ou vases de ces tombes
ont été projetés sur la tombe du maréchal
à l'entrée du cimetière de Port-Joinville, village
où il purgeait une peine de détention à perpétuité
à sa mort, le 23 juillet 1951 à l'âge de 95 ans.
Les actes de vandalisme
ont été découverts mercredi matin par des employés
municipaux de l'île.
L'élu compte
sur les témoignages de riverains du cimetière pour aider
les gendarmes dans leur enquête. «Cela a dû faire
du bruit, ils ont dû entendre quelque chose», a-t-il expliqué.
Né le 24
avril 1856, le maréchal Pétain a été condamné
à mort (peine commuée en prison à vie) en 1945
pour son rôle de fondateur du régime de Vichy qui a collaboré
avec l'Allemagne nazie.
Il avait été
incarcéré dans le fort de l'île d'Yeu, où
il mourra six ans plus tard.
La
tombe du maréchal Pétain vandalisée sur l'Ile
d'Yeu
19.09.07 | 20h13
La tombe du maréchal Pétain sur l'Ile d'Yeu (Vendée)
a été vandalisée dans la nuit de mardi à
mercredi, a-t-on appris auprès de la gendarmerie.
La croix de la tombe a été cassée. Des décorations
funéraires de tombes avoisinantes ont été jetées
et le contenu d'une poubelle de 100 litres renversé sur la
tombe du maréchal, a-t-on précisé de même
source. Une enquête a été ouverte.
Selon la gendarmerie, qui recherche des témoins, les faits
se seraient déroulés entre 23h00 et 04h00.
"Ce n'est vraiment pas beau à voir", a déclaré
à l'AFP Henri Thibaud, maire adjoint de l'Ile d'Yeu. "Une
dizaine de tombes autour ont aussi été saccagées",
leurs plaques de marbre, couronnes ou vases ayant été
projetés sur la tombe du maréchal à l'entrée
du cimetière de Port-Joinville, village où il purgeait
une peine de détention à perpétuité à
sa mort, le 23 juillet 1951 à l'âge de 95 ans.
Les actes de vandalisme ont été découverts mercredi
matin par des employés municipaux de l'île.
"Il n'y a jamais eu d'acte de vandalisme au cimetière",
a assuré M. Thibaud. Selon lui, les particuliers qui ont eu
leurstombes saccagées vont porter plainte.
L'élu compte sur les témoignages de riverains du cimetière
pour aider les gendarmes dans leur enquête. "Cela a dû
faire du bruit, ils ont dû entendre quelque chose", a-t-il
expliqué.
Pèlerinage
à l'Ile d'Yeu
le 22 septembre 2007

Samedi 22 septembre 2007
Pèlerinage à l'Ile d'Yeu "Pour
ne pas oublier"
Monsieur l’Abbé de Cacqueray a souhaité
renouveler la démarche de Monseigneur Lefebvre en organisant,
le samedi 22 septembre 2007, un pèlerinage à l’Ile
d’Yeu pour accomplir un devoir de piété filiale
et de gratitude. Nous vous invitons à participer nombreux à
ce pèlerinage.
Adresse au Maréchal Pétain par Mgr Lefebvre
(13 avril 1987 à l’Ile d’Yeu)
« Réunis autour de votre dépouille
mortelle, persuadés que l'ignoble traitement que vous avez
subi dans ce lieu de déportation vous a valu, grâce à
la miséricorde de Dieu et à votre esprit de foi, d’être
en possession du bonheur éternel, nous tenons par notre pèlerinage
en ces lieux, à vous rendre hommage, à vous qui avez
deux fois sauvé la France, et qui non seulement l’avez
sauvée, mais l’avez restaurée spirituellement
et moralement, en lui faisant retrouver ses fortes traditions de foi,
de travail et d’amour de la famille.
C’est pourquoi, persuadés que vous pouvez
désormais intercéder pour nous auprès de Dieu,
avec tous les saints et saintes de la patrie, nous vous supplions
de venir au secours de la France, que vous avez si bien servie, pour
qu’elle retrouve l’esprit dont vous l’avez animée
au temps de la grande épreuve.
Quant à nous, il nous incombe de restaurer
votre mémoire et de vous rendre l’honneur et la considération
qui vous sont dus comme sauveur de la Patrie, dans deux circonstances
où son sort était désespéré. Vous
avez alors fait preuve d’une vertu et d’un héroïsme
exceptionnels qui auraient dû vous valoir le titre de Père
de la Patrie.
Nous vous promettons de tout faire pour que justice
vous soit rendue et nous continuerons de prier les saints et saintes
de France à cette intention. Vive le Maréchal Pétain!
Vive la France !»
source
http://www.laportelatine.org/district/prieure/nantes/MalPetain/MalPetain.php
Décès
de l'un des quatre derniers poiluslefigaro.fr (avec AFP). Publié
le 16 janvier 2007Actualisé le 16 janvier 2007 : 18h37 Le 11
novembre 2006, René Riffaud avait été le seul
survivant de la «Grande Guerre» à se rendre sous
l'Arc de Triomphe pour la commémoration de l'Armistice.
Euler/AFP

Il était
l’un des quatre derniers poilus de la Première guerre
mondiale. René Riffaud s’est éteint mardi à
l'âge de 108 ans, a annoncé l'Office national des anciens
combattants (ONAC). Michèle Alliot-Marie a immédiatement
salué en lui «une personnalité», estimant
qu'il pourrait être un exemple pour «les jeunes en manque
de repères et de valeurs».
Le 11
novembre 2006, René Riffaud était le seul survivant
de la Grande Guerre à se rendre sous l'Arc de Triomphe pour
la dernière cérémonie nationale de commémoration
de l'Armistice. Le vieux monsieur avait pris place dans une chaise
roulante face à la flamme du souvenir ravivée par le
président de la République. «Monsieur Chirac m'a
demandé de venir. En bon petit soldat, j'ai obéi»,
confiait-il à l'époque. Le benjamin des poilus s'était
alors brièvement entretenu avec le président qui l'avait
salué «avec amitié, affection et respect».
Né
le 19 décembre 1898 à Souk el Arba, en Tunisie, René
Riffaud avait été incorporé en 1917 à
l'âge de 18 ans dans un régiment d'artillerie et avait
combattu dans l'est de la France où il fut gazé. Il
s'exprimait peu sur la guerre qui fut pour lui un moment difficile.
«Cercle
très fermé»
L'homme
n'avait même pas demandé sa carte de combattant et jusqu’à
début 2006, ne figurait pas sur la liste des derniers «poilus».
«Il considérait avoir fait son devoir et n'avoir rien
à demander», explique Laurence Berthaud, sa petite fille
qui l'avait incité à reconsidérer sa position
«pour sa descendance». «L'erreur» fut finalement
réparée en avril 2006 avec la remise officielle de la
carte par le ministre délégué aux Anciens combattants
Hamlaoui Mekachera, qui avait alors dit son «émotion»
de faire entrer René Riffaud «dans le cercle très
fermé des sept derniers Poilus».
Veuf
depuis 1979, René Riffaud avait eu un fils, décédé
en 2004, trois petites-filles, sept arrière-petits-enfants
et une arrière-arrière-petite-fille.
A la
maison de retraite médicalisée de Tosny, dans l’Eure,
où il résidait depuis 2002, l'ancien «poilu»
ne lisait pas, ne regardait pas la télévision mais avait
conservé une passion pour la radio qu'il écoutait en
se collant le poste à l'oreille.
L'
ouvrage de référence pour le 90 ème anniversaire
de la bataille de Verdun
"Les 300 jours de Verdun"
sous
la direction de Jean-Pierre Turbergue aux éditions
italiques

http://www.italiques.com/italiques/index.php?sp=liv&livre_id=45
Le
21 février 1916 à l’aube, un déluge de
fer et de feu s’abat sur les positions françaises de
la région fortifiée de Verdun. La plus grande bataille
de la Première Guerre mondiale vient de commencer. Elle durera
300 jours et 300 nuits, et s’achèvera par une victoire
française : malgré la détermination et la supériorité
en artillerie des Allemands, « ils ne passeront pas ! »
Mais le prix à payer sera terrible : 300 000 morts et disparus,
400 000 blessés, français et allemands confondus, un
paysage labouré par 60 millions d’obus, des villages
entiers rayés de la carte…
Pour commémorer ce duel de Titans, il fallait un ouvrage d’exception.
Un an de travail a été nécessaire aux équipes
réunies par les Éditions Italiques (historiens civils
et militaires, iconographes, infographistes, secrétaires de
rédaction, maquettistes…) pour réaliser l’album-souvenir
que méritait le sacrifice des poilus : un an pour explorer
les kilomètres de rayonnages du Service historique de la Défense
qui, pour la première fois, a ouvert à un éditeur
tous ses fonds sur la Grande Guerre. Un an pour extraire de ce gisement
unique les documents les plus forts et les plus émouvants.
Un an pour numériser de précieux originaux rarement,
voire jamais, sortis jusque-là de leurs cartons d’archives.
Un an pour restaurer des milliers d’images chocs qui nous plongent
dans le quotidien des combattants et l’horreur de leur condition.
Un an pour photographier, dans les plus grandes collections publiques
et privées, les armes, les pièces d’uniformes,
les objets de tranchée qui font ressurgir sous nos yeux la
vie et la mort des soldats de Verdun. Un an pour dépouiller
les journaux de marche et d’opérations des régiments,
les dépêches d’état-major, les rapports
des officiers et les dossiers des grands acteurs du drame. Un an pour
sélectionner, parmi les trésors cartographiques inédits
du château de Vincennes, la carte ou le croquis d’artillerie
d’époque qui replace l’action dans son cadre géographique
et topographique. Un an pour retrouver, en France et en Allemagne,
les lettres et les témoignages qui nous font revivre chaque
jour et chaque épisode de la bataille de l’intérieur,
aux côtés des combattants des deux camps. Un an pour
donner à cette matière éditoriale d’une
richesse jamais atteinte le traitement artistique qu’elle appelait.
Au-delà du récit des combats que ce livre détaille
jour par jour et souvent heure par heure, de nombreux encadrés
thématiques éclairent d’autres aspects trop souvent
oubliés de la bataille. Car raconter Verdun, c’est aussi
expliquer l’importance des armes nouvelles et effrayantes, tels
les gaz de combat ou les lance-flammes, qui transformèrent
le bois des Caures, le ravin de la Mort, les forts de Vaux et de Souville
ou la cote 304 en autant d’enfers. C’est montrer que la
victoire a été également arrachée dans
le ciel, par les as de la chasse, de l’observation aérienne
et du bombardement. C’est rendre aux obscurs, aux sans-grade
– conducteurs, brancardiers, muletiers, hommes de soupe, infirmiers,
aumôniers, gendarmes, territoriaux… –, dont le rôle
est trop souvent oublié, l’hommage qui est dû à
leur sacrifice anonyme.
Car, on l’aura compris, le vrai héros de ce livre-événement,
c’est toujours, en définitive, le poilu de Pétain
ou le feldgrau du Kronprinz. L’homme, tout simplement, avec
ses traits d’humour ou de colère, ses moments de grandeur
et de découragement, ses heures de gloire et ses heures de
doute.
Ouvrage
publié en partenariat avec le Service Historique de la Défense
et le Mémorial de Verdun, avec le soutien des Gueules Cassées,
du Conseil Régional de Lorraine, du Conseil général
de la Meuse et de la Ville de Verdun.
lundi
21 aout 2006, 16h33
Le téléphone de Pétain à Verdun volé
à la mairie de Souilly
SOUILLY (AFP) - Le téléphone dont se servait le général
Pétain, devenu maréchal, a été volé
à la mairie de Souilly (Meuse), ancien quartier général
de la 2e armée française durant la bataille de Verdun.
Dans
l'ancien bureau défraîchi de l'état-major, soleil
et poussière ont noirci depuis des décennies le tapis
sur lequel était posé l'appareil. A la place du téléphone,
"à manivelle" précise Hubert Vernier, le maire
de la commune, il ne reste plus qu'une marque blanche.
"Lorsque
je suis monté dans cette pièce dans l'après-midi
(de dimanche 20 août), l'appareil n'était plus là.
Ca m'a sauté aux yeux", raconte-t-il. L'endroit a toujours
été ouvert au public de 9 heures à 19 heures.
Jusqu'alors, jamais rien n'avait disparu."
De l'autre
côté du sous-main d'époque, encore sur le bureau,
une autre tache blanche indique que "la liste des gens de Souilly
morts durant l'occupation allemande a elle aussi disparu", soupire
l'édile. Ailleurs, un pas de vis nu marque l'absence d'une
lourde boule en cuivre.
Un fauteuil
bordeaux usé, estampillé "fauteuil du maréchal
Pétain" est par contre resté en place "car
il était trop volumineux", estime Hubert Vernier, tout
comme deux drapeaux d'époque, largement défraîchis:
la bannière étoilée et l'oriflamme français,
devenu violet-blanc-rose.
Le vol
s'est déroulé dimanche, jour de vide-grenier à
Souilly, quand la mairie était ouverte pour le confort des
chineurs. Près de 200 personnes avaient alors visité
l'exposition photo sur la bataille de Verdun, au rez-de-chaussée
du vieux bâtiment, et le QG de la 2e armée à l'étage,
"une affluence exceptionnelle" saluée par le maire.
Durant
la Première Guerre mondiale, Souilly, petite bourgade de 900
âmes au début du siècle - environ 300 habitants
aujourd'hui - était un point stratégique pour l'armée
française, avec, en plus du quartier général,
un hôpital militaire et une base aérienne, désormais
rasés.
Le
Nouveau livre du Général Le Groignec
C'est à la France des années 1940-1944
que ces pages sont consacrées, non pour en faire l'histoire
si complexe, mais pour répondre aux mensonges médiatisés
qui, notamment, accusent notre pays d'avoir capitulé en 1940,
et de s'être rendu complice du génocide juif perpétré
par l'Allemagne hitlérienne.
La bassesse de ces accusations est telle que leurs auteurs évitent,
le plus souvent, de les porter contre la France, mais les adressent
à une entité étatique qu'ils baptisent du qualificatif
" Vichy ". Ce nom de baptême dont le contenu politique
échappe à toute définition - permettant ainsi
toutes les interprétations - fut inventé par Charles
de Gaulle qui, dans ses écrits et discours, l'employa plus
souvent que le vocable " allemand ". Cette discrimination
gaullo-médiatique a fait école.
Il est rare, en effet, de trouver la moindre référence
à l'Allemagne dans les difficultés auxquelles la France
à dû faire face de 1940 à 1944. Pour s'en convaincre,
il suffit de lire ou d'écouter les médias, ainsi que
les discours tenus le 16 juillet lors de la commémoration annuelle
de la rafle du Vel'd'Hiv'. L'on pense alors à Raymond ARON
qui parlait de " l'attitude a-historique qui n'analyse presque
jamais les intentions et les motivations des acteurs du drame, ni
les problèmes qui se posaient à eux ".
Les premiers chapitres du présent ouvrage rapportent les conditions
dans lesquelles l'Europe fut, de 1940 à 1944, plongée
dans la nuit allemande. Ils répondent, ensuite, aux calomnies
médiatisées sur la prétendue complicité
de la France et de ses gouvernements dans l'acte de barbarie que fut
le génocide juif. Dans les chapitres suivants, sont évoquées
les causes et les conséquences de la défaite, en juin
1940, des armées françaises.
Désastre qui conduisit le dernier gouvernement de la IIIe République
à signer un armistice, et non la honteuse capitulation dont
parlent les ignares et les lobbies qui, par leurs mensonges, tel le
faux appel du 18 juin, tentent de déshonorer la France et ses
armées, en se déshonorant eux-mêmes.
Nouvelles
Editions Latines
6 r Vaugirard
75006 PARIS
01 43 54 77 42
fax : 01 43 29 69 81
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éditions du trident
 
LE PROCES DU MARECHAL
PETAIN
en trois tomes
Revisitez
une page capitale et combien douloureuse de l'Histoire de France,
70 témoignages, des centaines de noms cités, l'immense
fresque des débats sur la Seconde guerre mondiale. en 3 volumes
(texte intégral du Journal officiel, scrupuleusement recomposé,
en tout 1450 pages + index) : vous pouvez le commander au prix de
87 euros.
pour
en savoir plus : http://www.editions-du-trident.fr/pmp.htm
L'effrayant
mystère de Verdun
LE MONDE | 09.06.06 | 18h02 • Mis à jour le 09.06.06
| 18h05
VERDUN ENVOYÉ SPÉCIAL
Verdun,
cul-de-sac de l'humanité. La raison se heurte ici à
une impasse. Le visiteur désorienté tourne en rond du
fort de Douaumont à celui de Vaux, du bois des Caures au Mort-Homme,
de la cote 304 à Fleury. Il s'arrête à chaque
station de ce chemin de croix blanches. Il y a forcément un
sens à tout ça ! Il cherche, s'égare. Vain effort
pour s'en sortir. On ne passe pas.
Carnet
de route
Verdun, située au coeur du département de la Meuse,
à 200 km de Strasbourg, 100 km de Reims, 250 km de Paris, est
accessible en train depuis la gare de l'Est et par l'autoroute A 4.
Commémoration. La ville célèbre jusqu'en décembre
le quatre-vingt-dixième anniversaire de la bataille. Colloques,
visites guidées, expositions et spectacles sont organisés
à cette occasion, autour du thème de la réconciliation
franco-allemande. Le point d'orgue des commémorations est prévu
en juin, avec notamment un son et lumières dans les anciennes
carrières, du 23 juin au 29 juillet. Le programme détaillé
peut être consulté sur le site du conseil général
de la Meuse (www.cg55.fr/culture/user_memoire_calendrier.
htm#) et auprès de la maison du tourisme de Verdun (03-29-86-14-18).
Agenda
Quelques dates. Le 22 juin, l'ensemble Musique Oblique sera en concert
à la mémoire des israélites combattants de Verdun.
Le 23 juin, l'orchestre de Paris interprétera La Neuvième
Symphonie de Beethoven. Les Coloniaux, d'Aziz Chouaki, interprétés
par le comédien algérien Fellag, sont prévus
du 22 au 24 juin. Le Feu, tiré du roman d'Henri Barbusse, mis
en scène par Balazs Gera, sera joué du 1er juin au 1er
juillet. Le 24 octobre, ce sera Un requiem allemand, de Brahms, par
l'Orchestre national de Lorraine. Une exposition réalisée
à partir de plaques stéréoscopiques, "La
Grande Guerre en relief", sera présentée jusqu'à
la fin du mois de décembre au Centre mondial de la paix, à
Verdun. Courant juin, il est également prévu d'allumer
700 000 bougies sur la Meuse, en hommage aux victimes françaises
et allemandes de la bataille.
Lectures
Le Centre mondial de la paix, des libertés et des droits de
l'homme, l'office du tourisme, le Mémorial ou la librairie
Ducher proposent une importante documentation sur la période.
La bibliographie sur Verdun est abondante (une liste est disponible
sur www.grande-guerre.org/Bibliographie/1916.htm). A noter, deux livres
de témoignages d'anciens soldats : Verdun 1916, de Jacques
Péricard (Nouvelle Librairie de France, 612 p., 19 euros) et
Verdun, la plus grande bataille de l'histoire racontée par
les survivants, de Jacques-Henri Lefebvre (Ed. du Mémorial,
Verdun, 507 p., 25 euros).
Du 21 février au 16 décembre 1916, une bataille aura
poussé des hommes bien au-delà des limites communément
admises de la souffrance. Rares sont les lieux au monde où
tant d'êtres auront été tant broyés. C'était
en France, c'était hier, il y a quatre-vingt-dix ans tout juste.
Ils étaient nos pères ou nos grands-pères, ces
bonshommes en bleu horizon ou ces feldgrau qui fixaient l'objectif,
le regard hébété. Les rescapés s'étaient
souvent montrés discrets de leur vivant sur ce qu'ils avaient
vécu. Etait-ce explicable aussi ?
"Ne
me demande pas comment, ne me demande pas pourquoi !", avait
supplié un soldat à sa femme. Hormis quelques amateurs
de gloire militaire, la plupart des visiteurs viennent justement pour
cela : savoir comment et pourquoi. L'enfer de Verdun fait partie de
l'histoire de France, mais plus encore des sagas familiales. Le système
de rotation des troupes, le fameux "tourniquet", appliqué
par l'état-major français, a associé à
ces combats décisifs une large partie des effectifs de l'époque.
Cette bataille s'est ainsi posée comme une ombre dans des millions
de foyers et a largement contribué à nourrir le pacifisme
français. "Il a fait Verdun", savait-on simplement
de l'aïeul. Comme si cela résumait tout. Longtemps, d'ailleurs,
ça n'a intéressé qu'à moitié. Et
puis une photo, une lettre, trouvées dans un tiroir, un livre
pioché au hasard ont éveillé la curiosité,
donné l'envie d'aller voir. Chaque année, 400 000 personnes
se rendent ainsi dans la cité meusienne, avec la frustration
du non-dit familial.
Sur place,
il faut un effort d'imagination, un bon guide ou le secours des témoignages
écrits des poilus pour gratter le paysage verdoyant, le charme
trompeur, et découvrir par-dessous la boue du drame. Depuis
la ville, par exemple, il faut faire abstraction du caractère
bucolique de cette route qui grimpe depuis les berges rêveuses
de la Meuse. Là, dans le bruit des canons et la lumière
des fusées éclairantes, s'opérait de nuit la
relève. Les colonnes de ceux qui allaient à la mort
croisaient le cortège des fantômes qui en revenaient.
Le visiteur découvre le champ de bataille, aujourd'hui domaine
de la forêt et de l'ONF. Protéger de la pluie et du soleil
par la frondaison des arbres, il faut encore recomposer ce décor
arasé. Plus de trente millions d'obus sont tombés là,
deux millions rien que pour les premières quarante-huit heures.
Ce consciencieux labourage a créé un décor dont
seuls quelques saisissants clichés panoramiques parviennent
à donner un aperçu. Dans cette fange grouillaient les
hommes. "Nous sommes des rats : les mêmes instincts, la
survie coûte que coûte, la trouille collée aux
reins comme une sale sangsue", écrit l'un d'eux.
A Verdun,
il faut lire l'horreur en creux. Dans les cratères à
moitié nivelés qui modèlent encore le sol. Dans
les tranchées dont ne restent que de maigres sillons courant
en zig-zag au ras du sol comme des lapins effrayés. Dans les
neuf villages qui ont été rayés de la carte,
comme Fleury, Louvemont, Beaumont ou Cumières. Ceux-là
ont été comme avalés par la terre, avec tout
au plus une ou deux rangées de pierres qui affleurent encore.
Les maisons ont été englouties, tandis que les cadavres
des cimetières ont été ramenés à
la surface par les bombes, la mort prenant le dessus sur la vie. Les
habitants évacués au début des combats n'ont
pas été autorisés à revenir après
l'Armistice. Mais aujourd'hui encore, des conseils municipaux sont
désignés qui régissent ces lieux pour mémoire.
LE MÉPRIS DE LA VIE HUMAINE
L'ampleur de la boucherie se lit dans un autre néant : on ne
sait toujours pas combien d'hommes ont péri à Verdun.
Les historiens se partagent sur les chiffres, qui varient du simple
au double, évoquent tantôt les pertes (blessés
et tués), tantôt les morts seuls. Alors 150 000, 300
000, 700 000 ? On connaît mieux le nombre d'obus tombés,
de pièces d'artillerie déployées que la quantité
de pauvres hères qu'ils ont fauchés.
Cette
lacune dit plus que tout le mépris de la vie humaine qui animait
les états-majors. Erich von Falkenhayn, le commandant de l'armée
allemande, entendait par son offensive baptisée "Gericht"
(tribunal) "saigner à blanc" les troupes françaises.
C'était tuer pour tuer. Le général Pétain
voulait tenir à n'importe quel prix. "On les aura",
jurait-il. Vaste programme. La stratégie n'était dès
lors que l'habillage intellectuel d'un jeu de massacre. Les ruines,
les forts, les collines, les tranchées dix fois pris et dix
fois perdus n'étaient qu'un prétexte à jauger
la résistance humaine de l'adversaire.
Parmi
les tués, seuls 60 000 ont été identifiés.
Les autres sont restés des morts anonymes, corps sans nom,
ou des disparus, nomssans corps. Les recherches systématiques
ont été abandonnées depuis longtemps. Mais, régulièrement,
la terre rend de nouveaux ossements.
Ils sont
transportés à l'ossuaire de Douaumont. L'édifice
a été construit entre 1920 et 1932. Il abrite 130 000
combattants anonymes et est entouré d'une nécropole
de 16 000 sépultures blanches. On n'appréciera ou on
n'appréciera pas ce monument, le jugeant qui majestueux, qui
grandiloquent. De la même manière, on goûtera ou
on ne goûtera pas les lucarnes impudiques qui offrent une vue
sur les empilements d'os, Français et Allemands mêlés.
Comme s'il fallait les voir pour le croire ou communiquer un peu plus
la nausée de toutes ces vies sacrifiées.
L'effroi
est partout à Verdun, et jusque dans les descriptions du quotidien
des soldats. La citadelle et le musée-mémorial, inauguré
en 1967 à l'emplacement de l'ancienne gare de Fleury, en offrent
un bon aperçu, même si les jeunes générations
pourront juger la scénographie désuète. Dans
les couloirs suintant d'humidité des forts de Douaumont et
de Vaux, se devinent la promiscuité, le bruit à rendre
fou des obus, la faim, la soif, l'odeur des morts qui pourrissent
et des latrines qui débordent. En tous lieux sourd de l'herbe
tendre l'horreur de ce sinistre gagne-terrain de 300 jours. L'avancée
des Allemands n'excédera pas 5 kilomètres, en juin,
avant qu'ils ne soient renvoyés à leur point de départ,
en décembre. Les soldats français auront tenu. La légende
de Verdun commençait.
Pourquoi
et comment un tel sacrifice ? Les deux questions reviennent, lancinantes.
Les historiens s'écharpent sur les motivations qui ont permis
à des hommes de supporter tant de souffrances : patriotisme,
haine des Boches, sens du devoir, respect des officiers, peur des
sanctions, abrutissement général ? Ceux qui étaient
là le savaient-ils eux-mêmes ? Le visiteur repart avec
toutes ses questions vers Bar-le-Duc, reprend en sens inverse la Voie
sacrée. C'est une voie sans issue.
Benoît
Hopquin
Article paru dans l'édition du 10.06.06
150
ème anniversaire de la naissance du Maréchal
à Cauchy-à-la-Tour
Comme chaque année l' A.D.M.P. célèbrera
cette naissance dans sa ferme natale
le samedi 22 avril 2006
L' inscription au préalable est obligatoire accompagnée
de son règlement
|
Communiqué
de l'A.D.M.P.
VERDUN : 21 FEVRIER 1916 - 21
FEVRIER 2006
Pour le 90 ème anniversaire de
la bataille de Verdun,
l’Association pour Défendre la Mémoire du
Maréchal Pétain (A.D.M.P.)
honorera la mémoire du « Vainqueur de Verdun »
par le dépôt d’une gerbe sur sa tombe à
l’Ile d’Yeu.

La gerbe de fleur sur la tombe du Maréchal
de France
L’A.D.M.P. invite tous les Français
soucieux de la mémoire nationale
à se souvenir de la plus grande bataille de l’Histoire
et du sacrifice des Poilus
dont les tous derniers survivants sont encore parmi nous.
|
| |
DEUX
POILUS "RETROUVES" ! ILS SONT ENCORE SEPT.
- Deux de plus ! Deux survivants de la "Der des der ", deux
vétérans de la Grande Guerre qui n'avaient pas été
répertoriés par l'Office national des anciens combattants
( O.N.A.C. ) et dont les combats livrés pour la France entre
1917 et 1918 viennent enfin d'être reconnus. Un "découverte"
qui porte ainsi aujourd'hui à sept le nombre des derniers combattants
français de la Première Guerre Mondiale encore vivants.
- François Jaffré, 104 ans , et René Riffaud,
107 ans, ont bien faillis être oubliés par leurs contemporains.
En effet, pour se voir attribuer le titre et la carte d'ancien combattant,
il faut en faire la demande officielle auprès de l'O.N.A.C.
, qui les accorde si le postulant remplit un ou plusieurs des quatre
critères suivants :
- trois mois de présence en unité combattante;
- captivité;
-évacuation après blessure de guerre dans une unité
combattante;
-citation
Le plus jeune de nos deux poilus, François Jaffré, 104
ans, engagé dans la Marine à l'âge de 16 ans en
septembre 1917, s'était bien inscrit auprès de l'O.N.A.C.,
mais ce dernier avait perdu sa trace à la suite d'un déménagement.
René Riffaud, 107 ans, en revanche, incorporé en 1917
au 42ème régiment d'artillerie coloniale avec lequel
il a combattu dans les Ardennes, n'avait pas demandé sa carte
!
Un bel exemple d'humilité au regard de ces bataillons de résistants
de la " dernière heure" qui portent abusivement aujourd'hui
le titre d'anciens combattants ... dimanche 26 février 2006,
19h31
VALEURS
ACTUELLES
L’esprit de Verdun
L’immense
bataille engagée le 21 février 1916 fut pour la France
la plus terrible des épreuves endurées entre 1914 et
1918. Elle reste le symbole du sacrifice et de la résistance
de toute une génération.
Davantage que le “miracle de la Marne” ou que les victoires
décisives de l’été 1918, Verdun résume,
dans la mémoire collective, la tragédie de 1914-1918.
Temple du souvenir, l’espace aujourd’hui...
http://www.valeursactuelles.com/magazine/france/visu_france.php?num=3612&position=1&nb=2&affiche=precedent
Décès
de l'un des derniers "poilus" de la Première Guerre
mondiale
GIEN (Loiret) (AFP) - Ferdinand Gilson, l'un des six derniers "poilus"
de la Première Guerre mondiale, est décédé
à l'âge de 107 ans dans la nuit de samedi à dimanche
à l'hôpital de Gien (Loiret), a-t-on appris auprès
de membres de sa famille.
Né à Champigny-sur-Marne, l'ancien poilu avait eu 107
ans le 20 octobre. Il vivait en famille à Choux, dans le Loiret.
Incorporé en 1917, après un court passage dans l'infanterie,
celui que ses copains surnommaient le "morpion" en raison
de sa taille (1,63 m) est ensuite muté dans l'artillerie ou
il combat comme brigadier jusqu'à l'armistice.
En août 1918, il est envoyé à Fontainebleau pour
y suivre des cours d'officier. Il réchappe de justesse à
la grippe espagnole, mais sera réformé en novembre 1919
après avoir été hospitalisé quatre mois
et perdu 14 kg.
Après un passage à Paris, il part s'installer dans
l'Eure, où il monte sa petite fabrique de matrices et poinçons
et rencontre sa femme.
En 1940, Ferdinand Gilson qui refuse de travailler pour les Allemands,
s'engage dans la Résistance, où il prend le nom de "gueule
noire", parce qu'il travaille dans la mécanique.
Il ne reste désormais que cinq survivants de la "der
des der", selon l'Office national des anciens combattants.
L’esprit
de Verdun
L’immense
bataille engagée le 21 février 1916 fut pour la France
la plus terrible des épreuves endurées entre 1914 et
1918. Elle reste le symbole du sacrifice et de la résistance
de toute une génération.
Davantage que le “miracle de la Marne” ou que les victoires
décisives de l’été 1918, Verdun résume,
dans la mémoire collective, la tragédie de 1914-1918.
Temple du souvenir, l’espace aujourd’hui boisé
qui s’étend des forts de Tavannes ou de Saint-Michel
au sud jusqu’au bois des Caures ou à Herbebois au nord,
demeure le lieu sacré où le musée de Fleury,
l’ossuaire de Douaumont ou les quelques ruines des villages
détruits témoignent de l’abnégation, du
courage et de l’esprit de sacrifice dont surent faire preuve
les combattants de 1916.
Le sanctuaire mémoriel de Verdun fut le lieu de pèlerinage
pour les survivants et les proches des disparus au cours des années
d’après-guerre, quand Pierre Mac Orlan disait du monument
de Douaumont, inauguré au mois de septembre 1927, qu’il
« n’était ni une cathédrale ni un musée
macabre, mais une émouvante pensée de pierre, une sorte
de citadelle divine qui règne sur un peuple d’ombres
aux silhouettes torturées ».
Trois générations plus tard, le site est devenu le symbole
de la réconciliation franco-allemande lors de la cérémonie
qui y réunit François Mitterrand et Helmut Kohl, au
moment où la mise en œuvre du projet européen donnait
au drame de 1914-1918 toute sa dimension de conflit absurde et suicidaire.
Il est 7 h 15 du matin, le 21 février 1916, quand se déchaîne
au nord de Verdun, sur la rive droite de la Meuse, le terrifiant Trommelfeuer
déclenché par l’artillerie allemande. Un déluge
d’obus s’abat sur les positions françaises. Le
Kronprinz de Prusse, commandant en titre de la Ve armée allemande,
témoigne : « À voir ce bombardement effrayant,
nul n’aurait pu penser que les tranchées françaises
fussent encore tenues par un seul homme vivant. »
Il n’y a même plus de tranchées tant le feu a bouleversé
le terrain, creusant d’énormes entonnoirs, pulvérisant
les ouvrages défensifs. À 16 h 45, par petits groupes,
l’infanterie allemande progresse dans un décor de fin
du monde. Rhénans, Hessois et Brandebourgeois avancent rapidement.
Contre toute attente, ils se heurtent à une résistance
aussi vive qu’inattendue.
À Haumont, les débris de deux bataillons retardent pendant
plusieurs heures la progression allemande. À Herbebois, où
les Français s’accrochent, l’ennemi ne parvient
pas à prendre pied. Au bois des Caures, défendu par
les 56e et 59e bataillons de chasseurs du lieutenant-colonel Driant,
les combats sont furieux au cours des deux journées terribles
des 21 et 22 février.
lire la suite sur le site de Valeurs Actuelles sur ce lien :
http://www.valeursactuelles.com/magazine/france/index.php?affiche=precedent&idaf=3613
Il y a 90 ans : Début
de la bataille de Verdun.
En attaquant Verdun, l'état major allemand ne cherche pas tant
à conquérir la ville qui offre un intérêt
stratégique limité qu'à faire sauter le dernier
verrou de Paris et renforcer le dispositif allemand. Verdun est une
zone puissamment fortifiée (fort de Douaumont, fort de Vaux)
avec très peu de troupes françaises qui la défendent,
l'état major français étant convaincu qu'aucune
attaque n'aurait lieu dans la région. Le 21 février
1916 au matin, un déluge de feu s'abat sur Verdun. Le général
allemand Erich Von Falkenhayn vient de mettre en application sa stratégie
du "Trommelfeuer" ("tambour de feu") à
savoir le pilonnage incessant des positions françaises (10.000
obus par heure sur certains secteurs) ainsi que l'utilisation de gaz
toxiques. Malgré tout, l'infanterie allemande va se heurter
à la résistance héroïque des soldats français.
Après la chute du fort de Douaumont le 25 février 1916,
Joffre affecte le général Pétain à Verdun
avec pour mission de défendre coûte que coûte la
capitale de la Meuse. Afin de ménager les soldats et de combler
les pertes énormes (jusqu'à 3.000 hommes par jour),
Pétain instaure une relève permanente. Ainsi, presque
tous les poilus participeront à la bataille de Verdun. Dans
un second temps, il réorganise l'acheminement du matériel
et des munitions en aménageant la route Bar-le-Duc-Verdun.
Cette "voie sacrée" comme l'appellera plus tard Maurice
Barrès, verra passer jusqu'à 12.000 camions par jour.
Peu à peu, les Français reprennent l'offensive sous
le commandement du général Nivelle. Les Allemands, faute
de moyens, perdent progressivement le terrain conquis. Au mois d'octobre,
le fort de Douaumont est repris et 6.000 Allemands faits prisonniers.
A la mi-décembre, après dix mois de combats, la bataille
de Verdun est terminée. La bataille de Verdun est un revers
pour l'armée allemande mais elle donne surtout l'impression
d'un immense gâchis. Le gain en territoire conquis est nul,
les pertes humaines sont impressionnantes (plus de 300.000 tués
ou blessés des deux côtés), et le paysage est
devenu apocalyptique. Verdun reste pourtant le symbole national du
courage, du sacrifice et de la souffrance.
Les
liens
http://www.verdun-douaumont.com/fr/index.html
Site officiel
de l'ossuaire de Douaumont.
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Philippe
PÉTAIN : Biographie
Philippe
PÉTAIN (1856-1951)
Héros
de la Bataille de Verdun, le maréchal Pétain devient
ministre de la Guerre dans le gouvernement de Gaston Doumergue
(1934). Il signe l’armistice pour éviter au pays
la capitulation.
L’Assemblée
nationale lui donne les pleins-pouvoirs le 10 juillet 1940,
ce qui lui permet d’établir un régime autoritaire
basé sur la "Révolution nationale".
Il se trouve peu à peu engagé dans une politique
de collaboration avec l’Allemagne nazie, ce qui l’amène
à cautionner les exactions commises par l’occupant.
Déféré devant la Haute Cour de justice
au printemps 1945, il est condamné à mort. Il
est finalement gracié en raison de son grand âge
par le général de Gaulle qui commue sa peine en
détention à vie.
La
polémique suscitée par le geste de François
Mitterrand de faire fleurir sa tombe pour l’anniversaire
de sa mort montre que la controverse à propos du rôle
qu’il a joué dans l’histoire n’est
pas close. |
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Verdun,
symbole de la Grande Guerre
le 18-2-2006 10:33
Le seul nom de Verdun suffit à résumer toute l'horreur
de la Grande Guerre. Les célébrations marquant le 90ème
anniversaire de la bataille débutent mardi. 300.000 soldats,
français et allemands, y sont tombés entre février
et décembre 1916. 400.000 autres ont été blessés
au cours de la bataille. "Par un phénomène de syncrétisme
symbolique, Verdun a fini par résumer la guerre au point d'occulter
ses autres temps forts comme les batailles de La Somme ou de la Marne"
relève Gérard Domange, responsable des projets pédagogiques
au Mémorial de Verdun.
Pour les spécialistes, l'ancrage de Verdun dans la
mémoire des Français est aussi étroitement associé
au général Pétain (devenu maréchal
en 1918). Dans cette bataille qui durait, "Pétain a compris
que le moral et les conditions de vie des troupes seraient des facteurs
essentiels pour la poursuite de la lutte. La décision de relever
systématiquement tout bataillon dès qu'il avait plus
d'un tiers de pertes a fait que la grande majorité des communes
de France a eu au moins un combattant à Verdun.
Le
procédé des relèves incessantes (les norias)
a conféré à la bataille "une résonance
émotionnelle sur l'ensemble du territoire métropolitain,
une importance exceptionnelle qui touche aujourd'hui encore toutes
les générations", poursuit Gérard Domange.
http://www.rtl.be/page/rtlinfo/articles/international/209.aspx?articleid=56658
L'ossuaire
de Douaumont en timbre
LE MONDE | 18.02.06 | 13h25 • Mis à jour le 18.02.06
| 13h25
La poste mettra en vente générale, lundi 6 mars, un
timbre à 0,53 euro consacré à l'ossuaire de Douaumont
(Meuse, photo). C'est là que reposent les dépouilles
mortelles des soldats français et allemands tombés à
Verdun du 21 février à décembre 1916. La bataille
de Verdun, qui se solda par près de 750 000 morts, blessés
ou disparus, fut la plus meurtrière de toute la première
guerre mondiale après l'offensive de la Somme (plus de 1 million
de victimes, dont 400 000 Britanniques, 200 000 Français et
450 000 Allemands).
La première pierre de l'ossuaire situé à proximité
du fort de Douaumont (Meuse), dont l'évêque de Verdun,
Mgr Ginisty, eut l'idée, fut posée par le maréchal
Pétain le 22 août 1920. Le président de la République
Albert Lebrun l'inaugura officiellement le 7 août 1932. Le timbre
représente les croix blanches du cimetière et la tour
du clocher en forme d'obus de l'ossuaire - qui domine le site de ses
46 mètres - où reposent les restes de 130 000 soldats.
Le timbre,
au format horizontal 40 × 30 mm, dessiné et gravé
par René Quillivic, est imprimé en taille-douce en feuilles
de cinquante exemplaires.
René
Quillivic, né le 30 avril 1925 à Carpentras, porte le
même nom que son père, le sculpteur et céramiste
René Quillivic (1879-1969). Formé aux Beaux-Arts (atelier
de Robert Cami), disciple de Fernand Léger, il a obtenu le
second Grand Prix de Rome de gravure en 1950, avant de créer
son premier timbre pour Monaco en 1970 puis de dessiner et de graver
pour la France une vignette consacrée à la basilique
de Saint-Nicolas-de-Port parue en 1974. Ce fut là le prélude
d'une carrière philatélique qui compte aujourd'hui plus
de 250 timbres. Son dernier, paru en 2003, célèbre le
275e anniversaire de la franc-maçonnerie française.
René Quillivic a été élu à l'Académie
des beaux-arts, section de gravure, le 1er juin 1994.
La vente
anticipée se déroulera samedi 4 et dimanche 5 mars,
à Douaumont, au bureau de poste temporaire "premier jour"
ouvert à l'abri des pèlerins, place Monseigneur-Ginisty.
Pierre
Jullien
Article paru dans l'édition du 19.02.06
Dalil
Boubakeur satisfait d’un
projet de mémorial musulman près de Verdun
Le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, s'est réjoui
mardi à Verdun de la construction prochaine, sur la nécropole
nationale de Douaumont (Meuse), d'un mémorial en hommage aux
soldats nord-africains ayant combattu dans l'armée française
enrre 1914 et 1918.
Ce
mémorial d'une centaine de mètres carrés, "couvert
et ouvert, propre à la réflexion" a dit M. Boubakeur,
sera bâti dans le carré musulman de la nécropole
qui abrite 592 tombes de soldats algériens, marocains et tunisiens
tombés lors de la bataille de Verdun.
Le
recteur de la mosquée de Paris et président du Conseil
français du culte musulman (CFCM) a tenu remercier Jacques Chirac
d'avoir donné son accord pour la construction du mémorial
dont l'inauguration est prévue en juin 2006 lors des cérémonies
qui marqueront le 90ème anniversaire de la bataille de Verdun
(février-novembre 1916).
Il
s'est toutefois dit "frustré de ne pas voir à côté
des grandes stèles commémoratives de Douaumont, quelque
chose qui symbolise l'engagement, l'amour pour la France d'un grand
nombre d'entre nous". Quelque 28.200 musulmans sont morts et 7.100
ont disparu dans la bataille de Verdun, la plus effroyable de la Première
guerre mondiale, qui a duré pendant dix mois et a coûté
la vie à plusieurs centaines de milliers de combattants de toutes
nationalités.
Sur
la nécropole nationale de Douaumont, près de Verdun, reposent
15.000 soldats identifiés, chrétiens, juifs et musulmans
morts pour la France lors de cette bataille, alors que l'ossuaire voisin
abrite les ossements de 130.000 soldats non identifiés. Source
: AFP, 22 novembre 2005
1300
MARINS MORTS EN 1940 SOUS LE FEU DES ANGLAIS
MERS-EL-KEBIR : UN HOMMAGE RECONCILIE
Pour la première fois, hier, un officier anclais a participé
à un hommage rendu aux disparus de Mers-el-Kébi. C'est
dans ce port algérien, près d'Oran, que 1300 mariens français
ont péri en 1940 sous le feu des Britaniques qui craignaient
de voir les Allemands s'emparer de la flotte française.
"A l'instant même, je pardonne" lâce Léon
Le Roux, les yeuxx humides et la bouche tordue par l'émotion.
Hier matin, au cimetière de Kerfautras, à Brest, ce rescapé
de Mers-el-Kébir, aujourd'hui âgé de 85 ans, a serré
la main de Nicholas Butler, attaché naval à l'ambassade
de Grande Bretagne à Paris. C'était la toute première
fois qu'un représentant britannique assistait à un hommage
rendu aux morts de Mers-el-Kébir.
"Enfin", dit encore Léon Le Roux à l'officier
anglais, droit comme un i, qui lui sourit chaleureusement. "Ce
geste amical de réconciliation" souhaité par la Royal
Navy, le marin françasi ne l'aurait jamais pensé possible,
lui qui a vu près de 1300 de ses camarades mourir sous les obus
britanniques, lors de ce tragique mois de juillet 1940.
Le 3 juillet, en effet, puis le 6, sur ordre de Churchill, l'armée
britannique bombardait les bateaux de la Marine française amarrés
dans ce port algérien de Mers-el-Kébir, près d'Oran.
Tout ça pour éviter que les Allemands n'utilisent cette
flotte contre les alliés. "Malheureusement cette décision
difficile a causé un très grand dommage", observe
Nicholas Butler.
Hier, l'officier de la Royal Navy a donc déposé une gerbe
de fleurs devant le monument commémorant cette tragédie
et une autre sur la tombe du marin inconnu, dont le corps a été
ramené de Mers-el-Kébir en 2000 pour être inhumé
à Brest. "Les blessures se cicatrisent et le temps est aujourd'hui
venu pour nos amis anglais de se recueillir à nos côtés.
Un officier allemand est également présent pour cette
commémoration. Tout un symbole", a conclu Laurent Mérer,
préfet maritime de l'Atlantique.
Solange Estèves.
OUEST-FRANCE
mercredi 2 novembre 2005

BAR-LE-DUC
(AFP) - jeudi 6 octobre 2005 - Le président
de l'Ossuaire de Douaumont (Meuse), monument érigé à
la mémoire des soldats morts à Verdun, et le maire de la
commune se sont émus d'une opération promotionnelle des
artisans boulangers meusiens qui présente l'ossuaire sous la forme
d'un petit chocolat à croquer.
L'opération
"Croquez la Lorraine" propose aux boulangers-pâtissiers
lorrains de commercialiser des sachets contenants des chocolats à
croquer représentant trois monuments symboliques de chacun des
quatre départements de la région, accompagnés d'un
fascicule historique explicatif.
Pour la
Meuse, l'ossuaire a été choisi ainsi que la Tour de l'horloge
de Bar-le-Duc et la Butte de Montsec (mémorial américain).
"Doit-on
+croquer+ un édifice où reposent les restes de plus de
130.000 soldats, héros anonymes et inconnus qui (...) ont laissé
leur vie pour sauver Verdun et stopper définitivement l'envahisseur"
s'est indigné Hubert Mangenot, président de l'Ossuaire,
dans un courrier adressé au président de la fédération
meusienne des artisans boulangers-pâtissiers, Frédéric
Bianchi.
"Je
tenais cependant à vous exprimer notre déception sur cette
façon de faire (...) Nos soldats qui dorment dans nos caveaux
ne songeaient certainement pas, 90 ans après, être croqués
pour les fêtes de Noël", s'est scandalisé M.
Mangenot.
Le maire
de Douaumont, Marie-Claude Minmeister, a quant à elle souligné
le "manque de respect" qui caractérise l'initiative
considérant que "les artisans du goût" avaient
vraiment fait avec cette opération "preuve de mauvais goût".
"Notre
corporation, qui a laissé de nombreux boulangers soldats sur
les champs de bataille ne saurait manquer de respect à la mémoire
de ceux, dont tous, en nos familles respectives, nous avons au moins
un ancêtre tombé au combat", a rétorqué
M. Bianchi dans sa réponse au président de l'Ossuaire.
En retenant
Douaumont, "la corporation souligne qu'elle n'a nullement voulu
faire du commerce, sur le dos de l'Histoire... mais tout simplement
apporter sa part de connaissance d'une partie de cette Histoire",
a-t-il notamment fait valoir.
A l'Ossuaire
de Douaumont, édifice de béton inauguré en 1932,
sont regroupés les restes de quelque 130.000 soldats inconnus,
sans distinction de nationalité, tombés en 1916 à
la bataille de Verdun.
Mise à
jour le 6 octobre 2005 à 13h50
PARIS (AFP)
- Le 23 juillet 1945 s'ouvrait à Paris le procès de Philippe
Pétain, chef de la France de Vichy sous l'Occupation, jugement
le plus passionné de l'après-guerre qui aboutira à
une condamnation à mort, non exécutée.
Enlevé
par les Allemands à la Libération et gardé au château
de Sigmarigen (Bade-Wurtemberg), le maréchal, âgé
de 89 ans, s'est lui-même rendu aux autorités françaises
en avril 1945. Le procès fait la une de tous les journaux et
des actualités à la radio. Les plus grandes plumes prennent
partie.
"Ne reculons pas devant cette pensée qu'une part de nous-mêmes
fut peut-être complice, à certaines heures, de ce vieillard
foudroyé", défend François Mauriac dans Le
Figaro. "S'il a fait don de sa personne, c'est comme une prostituée,
mais ce n'est pas à la France", accuse Albert Camus dans
Combat.
A 13H10,
Pétain entre dans un tribunal bondé, en uniforme, médaille
militaire sur la poitrine et képi de maréchal à
la main. Il fait face à la Haute Cour de justice, créée
par une ordonnance du général de Gaulle pour juger les
principaux responsables du régime de Vichy, et composée
de magistrats, parlementaires et résistants.
Interrogé
par le président Paul Mongibeaux, le maréchal lit une
brève déclaration: "(...) A votre jugement répondront
celui de Dieu et celui de la postérité. Ils suffiront
à ma conscience et à ma mémoire. Je m'en remets
à la France." Il s'enferme ensuite dans un mutisme total,
laissant sa défense à ses avocats.
L'un d'eux,
le jeune Jacques Isorni, se distingue d'emblée: il fustige le
bâclage de l'instruction et accuse le procureur général
et le président de la Haute Cour d'avoir exprimé publiquement
leur certitude que Pétain est coupable.
La première
moitié du procès, qui va durer en tout trois semaines,
voit défiler des ténors de la IIIe République,
Léon Blum, Edouard Daladier et Albert Lebrun, qui s'emploient
à prouver le bien-fondé de leurs politiques d'avant-guerre.
Paul Reynaud et le général Weygand, respectivement président
du Conseil et chef d'Etat major général de l'armée
pendant la débâcle de 1940, se rejettent mutuellement la
responsabilité de l'Armistice concédée aux Allemands.
Après
huit jour de palabres, le président déclare qu'"il
est temps que le procès Pétain commence". De grands
noms de la collaboration (Pierre Laval, Joseph Darnand) et de la Résistance
se succèdent à la barre, mais les questions les plus importantes,
notamment les mesures anti-juives, ne sont pas abordées.
Dans son
réquisitoire, prononcé le 11 août, le procureur
général Mornet énumère les principaux chefs
d'accusation: acceptation définitive de la défaite, dépassement
des pouvoirs attribués par l'Assemblée nationale, politique
de collaboration, fourniture de main d'oeuvre et de matériel
à la machine de guerre allemande.
"La
France est victime d'une équivoque, affirme-t-il, (...) celle
qui à la faveur d'un nom illustre sert de paravent à la
trahison". Il réclame la mort pour Pétain.
Dans sa
plaidoirie, Jacques Isorni tente de susciter l'émotion en décrivant
la possible mise à mort du vieux héros. "Le grand
visage blême (du maréchal) ne vous quittera plus",
lance-t-il au jury.
Le 14 au
soir, la cour se retire. Pétain assiste à une messe, donnée
à minuit dans sa cellule. A quatre heures du matin, et après
sept heures de délibérations, le président Mongibeaux
lit le verdict du jury. La Haute Cour "condamne Pétain à
la peine de mort, à l'indignité nationale, à la
confiscation de ses biens. Tenant compte du grand âge de l'accusé,
la Haute Cour de justice émet le voeu que la condamnation à
mort ne soit pas exécutée".
Un voeu
écouté par le général de Gaulle, qui commue
la peine en détention à perpétuité. Pétain
est incarcéré dans le fort de l'île d'Yeu où
il mourra six ans plus tard.
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