MES
CHERS AMIS!
L'année
1940 a pris fin.
Tournons-nous maintenant vers l'avenir. L'année 1941 sera difficile.
Elle doit être celle du relèvement de la France. Elle le
sera si vous vous serrez tous autour de moi, ayant la même foi
dans la Patrie, la même volonté de " servir ".
Je me suis
donné à la France, c'est-à-dire à vous tous.
Nous aurons
faim. La guerre nous a enlevé une part importante de nos récoltes.
Le blocus nous prive d'un ravitaillement qui, dans les années
qui précédaient la guerre, se chiffrait, chaque année,
par plus de 6 millions de tonnes de denrées de toutes espèces
et de toutes provenances.
La guerre
continue ainsi que le blocus : il ne dépend pas de nous de les
faire cesser.
N'écoutez
pas ceux qui chercheraient à exploiter vos misères pour
désunir la nation.
Les mêmes procédés vous ont conduits hier à
la guerre et à la défaite. Demain, nous remporterons une
première victoire : nous remplacerons la critique par l'effort.
L'année
1941 doit être une année de travail acharné.
Je m'adresse
d'abord aux paysans de France : il faut qu'ils tirent de la terre tout
ce qu'elle peut donner. Toutes les friches doivent être remises
en culture, même si le sol est ingrat. Les rendements doivent
être augmentés en dépit de toutes les difficultés.
Nous y
aiderons du mieux que nous pourrons. Mais que chacun compte d'abord
sur soi-même. Qu'il comprenne la détresse profonde d'un
pays dépouillé de tant de moyens que la guerre et le blocus
ont détruits ou paralysés.
Je fais
appel à l'ingéniosité des Français pour
qu'ils improvisent eux-mêmes les moyens de compléter leur
alimentation.
Je m'adresse
maintenant aux ouvriers. Qu'ils ne se découragent pas. Leur sort
sera dur. Nos stocks de matières premières s'épuisent.
Je ne puis
savoir quelle quantité nous pourrons importer en 1941. Certaines
industries risquent d'être totalement arrêtées.
Nous avons
fait de notre mieux, et nous continuerons pour parer à cette
situation. Nous devons exploiter au maximum les ressources que nous
pouvons tirer nous-mêmes.
Que nos
mineurs, nos bûcherons, nos carriers redoublent d'efforts. Et
que,tous les ouvriers, chômeurs ou non, sachent que le Gouvernement
de la Révolution Nationale travaille à affranchir le ur
avenir. de l'intervention du capitalisme étranger.
La France
doit produire et transformer tout ce dont elle a besoin pour vivre et
prospérer. Ce qui a été fait ailleurs en ce sens,
peut et doit être fait chez nous. C'est une oeuvre de longue haleine
: elle est déjà commencée.
Au pays
tout entier, je demande qu'il se pénètre de l'esprit nouveau
qui doit refaire la grandeur de la Patrie.
Il ne s'agit
plus de reprendre un à un quotidiennement l'inventaire de nos
sujets de mécontentement, de tout ramener à soi-même,
d'attendre de l'État qu'il nous délivre de nos maux et
qu'il nous dispense ses bienfaits.
Il faut
penser aux malheurs de la Patrie et à l'infortune de tous ceux
qui souffrent plus que nous. Il faut aider la Patrie à secourir
nos compatriotes.
Aider la
Patrie, c'est avoir confiance en elle, c'est l'avoir présente
constamment dans nos pensées, dans nos paroles et dans nos actes,
ne rien accepter, ne rien dire et ne rien faire qui puisse lui nuire.
Secourir
nos compatriotes, c'est nous donner sans arrière-pensée,
sans réticences personnelles à cette solidarité
matérielle et morale qui doit réunir tour, les Français.
C'est relever celui qui tombe, c'est ranimer celui qui s'abandonne,
c'est ramener celui qui s'égare.
Je rue
suis promis à moi-même de ne connaître en France
ni partis, ni classes. Je vous appelle tous à sortir de vos cadres,
de vos routines, de vos préjugés, de vos égoïsmes,
de vos rancoeurs, de vos défiances, et je vous exhorte à
vous grouper en Français solides qui veulent défendre
leur terre et leur race.
J'adresse
mes voeux fervents, par-delà les mers aux populations de l'Empire
et par-delà les frontières à nos chers prisonniers.
La France
continue.
Bonne année,
mes chers Amis