FRANÇAIS !
Je n'ai
pas eu souvent l'occasion de vous annoncer de bonnes nouvelles. En voici
une : La Retraite des Vieux entre en action. Le Journal Officiel publiera
demain la loi qui la consacre.
Cette réforme
était attendue depuis des années. Vingt fois elle vous
avait été promise. Vingt fois elle fut ajournée.
Je tiens
les promesses, même celle des autres, lorsque ces promesses sont
fondées sur la Justice.
La France
va donc entreprendre un grand geste de sollicitude et d'équité.
Elle l'entrepend en faveur de ses vieillards, plus frappés que
tous autres par la dureté des temps.
Certes,
elle ne pourra pas leur donner tout ce qui leur est nécessaire.
Au moiins leur donnera-t-elle ce qu'il lui est possible de donner.
Pour ceux
qui ne possèdent rien, la modeste pension sera d'un grand soulagement.
Pour ceux qui disposent déjà de quelques ressources, elle
constitutera le supplément qui les mettra à l'abri de
la misère.
Plus tard,
si Dieu le veut, nous pourrons peut-être améliorer cette
loi. Mais sil faudra que la situation économique le permette,
que le travail ait repris son rythme normal.
Ne nous
berçons pas d'illusions. L'Etat, je vous l'ai déjà
dit, ne peut donner que ce qu'il reçoit. A lui seul, il ne peut
forger la richesse. A lui seul, il ne peut créer la retraite.
Ce n'est pas dans un pays ruiné par la guerre, atteint par la
dénatalité que l'on peut, d'emblée, construire
de grandes choses.
Ce ne sont
pas, en effet, les pensions qui nourrissent, habillent et chauffent
les vieux. Seul, le travail des jeunes peut y pourvoir, de ces jeunes
qui cultivent le sol, tissent la laine et le coton, arrachent le charbon
aux entrailles de la terre.
Pour que
les vieilles générations puissent vivre dans le repos,
il est nécessaire que les jeunes générations s'adonnent
à un travail obstiné. Or, un pays qui n'a plus de jeunes,
parce qu'il n'a pas d'enfants, ne peut entretenir ses vieux.
Ce sont
là des vérités simples, des vérités
claires, que vos maîtres ont sans doute oublié de vous
enseigner.
La Retraite
des Vieux Travailleurs repose sur la solidarité de la nation
: solidarité des classes, solidarité des âges.
Solidarité
des classes, puisque les pensions sont constituées par les versements
des Assurances Sociales, et que ces versements proviennent, à
la fois, des patrons et des ouvriers.
Solidarité
des âges, pisque ce sont les jeunes générations
qui cotisent pur les vieilles.
Voilà
donc une grande réforme sociale.
Deux autres
sont sur le chantier.
L'une qui
verra le jour prochainement a trait à l'Organisation Professionnelle.
L'autre
qui tentera de résoudre le grand problème de l'habitation.
je vous en entretiendrai prochainement.
Travailleurs,
depuis que j'apprends à vous connaître, j'ai le sentiment
de vous mieux comprendre et de m'attacher à vous de plus en plus.
Restons, les uns et les autres, au " coude à coude ".
Les plus beaux espoirs nous seront permis.