Deuxième
session de la
Commission de Réorganisation Administrative
Organisation interne des Provinces
Un cours
d'une première session, la commission que vous présidez
a procédé, conformément à la mission que
je lui a-vais confiée, à l'établissement d'un
projet d'ensemble de définition et de délimitation des
provinces françaises.
Depuis
lors, pendant que le comité d'organisation professionnelle
posait les bases de la Charte du Travail, deux autres commissions
ont été convoquées.
La première
s'est occupée de l'adaptation de l'organisation municipale
aux nécessités présentes.
La seconde a fait une étude du projet de Constitution, au cours
de laquelle le problème de la représentation départementale
et régionale a été évoquée.
Ce que
je demande aujourd'hui à votre commission, c'est, tenant compte
de tous ces travaux de me donner son avis sur l'organi- interne de
cette unité territoriale et administrative que doit constituer
la province dans la structure nouvelle de l'État. Sur le plan
administratif, le cadre départemental sera respecté.
Dans le domaine économique, tous les organismes existants,
qui paraissent adaptés aux nécessités actuelles,
seront maintenus.
Suivant
ces deux directives, la commission devra rechercher les moyens propres
à faire de la province, un centre de coordination, d'information
et d'action en vue de renforcer l'autorité de l'Étel
d'accélérer les décisions et de susciter dans
tous les domaines un renouveau de la vie régionale.
A la
tête de la province, dont le rôle est ainsi défini,
sera placé un gouverneur, haut personnage représentant
le Chef de l'État. C'est lui qui incarnera l'autorité.
Son prestige sera incontesté.
Son action
personnelle s'exercera sur toutel'étendue de la circonscription
provinciale dans laquelle il se déplacera fréquemment.
En étudiant
les attributions du gouverneur, ainsi que la composition de ses services,
la commission ne devra pas perdre de vue que nous entrons dans un
ordre nouveau, où le chef de la province doit gouverner, plus
qu'intervenir lui-même dans l'administration.
Le gouverneur
devra donc grouper autour de lui, non pas des services administratifs,
mais des collaborateurs peu nombreux et de qualité, dégagés
des routines bureaucratiques.. ayant le goût des responsabilités,
l'esprit d'équipe et le sens profond de l'intérêt
général.
L'organisation
administrative des régions doit être réalisée
sans dépense nouvelle. Toute création d'emploi dans
le cadre régional devra être compensée par une
suppression correspondante dans le cadre des administrations centrales
ou départementales.
Auprès
du gouverneur, un conseil, nommé sur sa proposition, doit se
faire l'écho des forces spirituelles, morales, intellectuelles
et économiques de la province.
Ce conseil
délibérera sur les affaires régionales, et chacun
de ses membres donnera son avis motivé sur les propositions
budgétaires du gouverneur et étudiera les projets d'emprunt
qui pourraient être soumis à l'approbation du Gouvernement
pour des travaux d'intérêt régional. Il répartira
entre les départements les dépenses relatives à
ces travaux.
En aucun cas, il ne se transformera en assemblée politique.
Autour de ces organes essentiels, gouverneur et assemblée,
subsisteront et s'intensifieront les activités des groupements
sociaux, professionnels, familiaux et légionnaires.
Ainsi renaîtra dans le cadre de la province et sous l'impulsion
du gouverneur, cette vie locale dont l'admirable diversité
enrichira et élargira la vie nationale tout entière.
C'est donc à une oeuvre essentielle pour la reconstruction
de l'État que j'associe votre commission en lui demandant de
formuler sur le problème de l'organisation interne des provinces,
toutes les suggestions qu'elle croira devoir me faire pour éclairer
ma décision.
(Ce message a été lu le 19 août
par M. Lucien Romier, Président de la Commission.)