MES
CHERS AMIS
Le
problème des prisonniers de guerre posait et se pose dans
des conditions douloureuses et difficiles. Bien que la paix ne soit
pas signée, le Chancelier Hitler n'a pas voulu, et je l'en
remercie, que les hommes les plus douloureusement éprouvés,
les plus chargés de famille, les anciens combattants de la
guerre mondiale ou les catégories les plus essentielles à
la reprise de la vie économique du pays, restent en captivité.
Vous
êtes donc libérés.
La
France vous attendait; vous l'avez retrouvée, différente
sans doute de l'image que vous vous en faisiez. Ne cédez
pas à un mouvement de découragement; ne vous laissez
pas surtout surprendre par les propagandes adverses qui s'abattent
sur notre pays.
Il
ne s'agit pas pour vous d'être pour ou contre quelqu'un; il
s'agit d'être simplement et uniquement Français, de
penser Français, de parler Français. Ce n'est qu'à
cette condition que vous vous sauverez et que vous nous sauverez.
Votre
rôle, d'ailleurs, n'est pas terminé. Après quelques
jours de repos, vous allez reprendre l'outil, l'outil professionnel
comme l'outil national. Maniez-le avec intelligence et avec force.
Vous
m'avez suivi et vous m'avez fait confiance lorsque vous étiez
en Allemagne. Vous me devez aujourd'hui votre concours et
votre travail.
Vous
me devez mieux encore: c'est sur vous que je compte pour être
l'aile marchante Xe du grand mouvement de redressement national,
le véritable ciment de cette unité française
que j'ai le devoir,de maintenir.
Dans
vos camps, vous avez pu, au milieu à de
rudes épreuves, accumuler, dans la pureté de vos âmes,
un merveilleux capital humainfaites-lui rendre ses fruits.
Le
temps de votre captivité n'aura pas été perdu.
Donc,
mes amis, au travail, j'ai confiance en vous.
(Message
enregistré à Vichy et diffusé à Compiègne
le 26 août 1941.)