Réinstituée en 1941 par le maréchal Pétain,
la « fête des Mères » souligne l’importance
du rôle de la mère de famille dans notre société.
Attaché, après le désastre de mai-juin 1940, à
la reconstitution de la société française, le maréchal
avait déclaré : « la famille est la cellule fondamentale
de la société. Elle est l’assise de l’édifice
social. C’est sur elle qu’il faut bâtir. »
Dans son Message du 11 juillet 1940, le maréchal Pétain
s’adressa ainsi aux Français : »Votre famille aura
le respect et la protection de la nation. La France rajeunie veut que
l’enfant remplisse vos cœurs de l’espoir qui vivifie
et non plus de la crainte qui dessèche. Elle vous rendra pour
son éducation et son avenir la confiance que vous avez perdue.
»
Ainsi, dès qu’il fut chef de l’Etat français,
le Maréchal mit en exergue l’importance de la famille et,
au fil des mois, prit des mesures pour qu’il en fût ainsi
dans les réalités de la vie sociale.
C’est le gouvernement Daladier qui, à l’instigation
d’Alfred Sauvy, avait fait voter et promulguer, le 29 septembre
1939, un Code de la Famille dans le but de « sauver la race française
en enrayant la dénatalité ». Depuis 1935, avec seulement
518.000 naissances annuelles, la France ouvrait plus de tombes qu’elle
ne remplissait de berceaux. » Trop peu d’enfants, voilà
une des causes de notre défaite, avait indiqué le Maréchal
dans son message du 20 juin 1940.
Grâce à la politique familiale du Maréchal, dont
nous rappellerons les principales mesures, le taux de fécondité
des Françaises en 1944 se révéla le plus élevé
que notre pays ait connu depuis un siècle.
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Le Maréchal mit en place un Comité consultatif de la Famille,
chargé d’inspirer sa politique dans ce domaine, ainsi qu’un
organisme destiné à mettre en œuvre cette politique,
le Commissariat général à la Famille. Créé
en 1941, doté de 23 antennes régionales, celui-ci fut
dirigé par une personnalité indiscutable, Philippe Renaudin.
La politique menée visa à accroître la cohésion
l’institution familiale en lui ménageant une juste représentation
auprès des pouvoirs publics, à lui fournir en période
de pénuries des moyens d’existence décents, à
protéger l’enfance et enfin à lutter contre ces
fléaux sociaux que sont l’avortement, les maladies vénériennes
et l’alcoolisme.
La loi Gounot du 29 décembre 1942 provoqua le regroupement des
associations familiales en les dotant d’une Union nationale. Les
associations familiales se voient attribuer un rôle consultatif
et représentatif auprès des pouvoirs publics, en même
temps que leur est confiée la gestion des services d’intérêt
familial. Le taux des allocations familiales est majoré, leur
versement étant subordonné à la présentation
d’un certificat de scolarité. Sont accordées des
primes à la première naissance et l’allocation de
salaire unique pour les « mères au foyer », dont
bénéficient désormais les « mères
célibataires » ayant un enfant à charge. Des initiatives
privées ou provenant d’associations et encouragées
par le gouvernement prévoient le « prêt au mariage
» pour faciliter les débuts de la vie des jeunes ménages.
Etant donné les difficultés de ravitaillement, est instituée
une carte nationale de priorité pour les mères de famille,
les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants et les adolescents.
Sont développés dans les villes les jardins dits «
ouvriers » ou « familiaux » et dans les écoles
rurales des « jardins d’école ».
La loi du 16 décembre 1942 crée un certificat médical
avant le mariage et impose des examens médicaux au cours de la
grossesse ; une attention particulière est apportée à
la consultation des nourrissons, la surveillance à domicile des
enfants jusqu’à six ans est confiée à des
assistantes sociales et est étendue à l’inspection
médicale en milieu scolaire.
Pour l’assistance à l’enfance abandonnée,
le gouvernement de Vichy parvient à mettre en place un système
de protection infantile dont aucun de ses détracteurs ne devait
se permettre de contester le caractère exemplaire.
Un Conseil technique de l’enfance déficiente et en danger
moral est crée le 23 juillet 1943 pour organiser la rééducation
des mineurs de ce qu’on appelle dès lors « l’enfance
inadaptée ». En 1943 aussi sont créées des
associations régionales de « Sauvegarde de l’enfance
et de l’adolescence ». Des tribunaux spéciaux pour
enfants et adolescents sont créés afin de juger les jeunes
délinquants, et entre dans la législation la notion de
« liberté surveillée ».
Une autre composante de la politique familiale est la lutte contre la
prostitution, les maladies vénériennes et l’alcoolisme
: dans la période 1940-1944 diminuèrent sensiblement l’alcoolisme
et corrélativement les maladies mentales.
Un enseignement démographique à l’école primaire,
déjà rendu obligatoire en 1939, porta sur les rapports
de la natalité avec toutes les questions morales et familiales
: à l’école le programme d’éducation
morale, civique et patriotique comporta un certain nombre de leçons
sur la famille.
Pour mieux faire appréhender ses conceptions et réalisations
familiales, le gouvernement du Maréchal fit une large action
de « communication ». Dans les établissements scolaires
et les organismes de jeunes (Chantiers, mouvements de jeunesse) sont
diffusés de nombreux tracts, brochures, affiches, illustrant
l’importance de la famille, du mariage, le respect de la jeune
fille et, par elle, le respect de l’amour.
Des expositions itinérantes avec conférences, emploi de
la radio diffusion sous l’indicatif « France-Familles »
ainsi que la présentation de films de cinéma comme «
La fille du puisatier », exaltèrent les mères françaises,
les familles, avec le mariage et l’importance de la natalité.
En donnant à la cérémonie à la Mairie une
plus grande solennité, on rehausse l’éclat du mariage.
Furent diffusés des slogans comme « il n’y a pas
de prospérité pour les pays à faible natalité,
il y a pourtant beaucoup de place sous le beau ciel de France et son
sol est l’un des plus riche du monde ».
Mais une large place étant faite au rôle patriote de la
famille, cela n’alla pas sans inquiéter les Allemands.
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Ci-après voici un récapitulatif d’un bon nombre
de mesures mises en œuvre entre 1940 et 1943 :
- loi instituant la carte nationale de priorité,
- loi fixant la priorité d’embauchage aux pères
de famille,
- loi fixant le statut des Inspecteurs généraux à
la Famille et à l’Enfance,
- loi fixant le statut des délégués régionaux
à la Famille,
- loi fixant le statut des Inspecteurs de l’Enfance,
- loi sur le travail de la femme mariée dans les administrations,
- loi contre l’alcoolisme,
- décret d’application de l’assistance à la
famille,
- loi tendant à réduire le nombre des divorces,
- loi instituant l’allocation de salaire unique et augmentant
les allocations familiales,
- loi sur la création de centres féminins de séjour
surveillé et de rééducation,
- loi sur le prêt aux jeunes ménages ruraux,
- loi réglementant le travail de la femme dans l’industrie,
- décret instituant le Comité de la Famille et de l’Enfance,
- loi contre l’avortement,
- loi portant prime à toute naissance,
- loi sur la sauvegarde des enfants dépourvus partiellement ou
totalement de soutien de famille,
- loi sur la protection de la maternité, de la première
enfance, et le dépistage de l’enfance malheureuse,
- loi sur la rééducation des mineurs vagabonds,
- loi sur la représentation familiale dans la vie publique.
Sur le plan civique fut instituée au sein de la corporation paysanne,
et prescrite, le 16 novembre 1942, la présence d’un père
de famille nombreuse au sein des conseils municipaux des villes de 200.000
habitants et plus.
- Dans le domaine juridique, c’est depuis 1942 qu’est inscrite
dans le Code civil, l’égalité entre femmes et hommes
sur le plan de la capacité juridique.
Dans la Constitution élaborée par le Maréchal en
1944, il avait été prévu que les Françaises,
et non seulement les Français, disposeraient du droit de vote
et d’éligibilité.
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Pour le Maréchal, c’est avant tout les mères de
famille françaises qui assurent le maintien des traditions de
la famille dans notre pays.
Ayant remis à l’honneur la fête des mères,
inscrite dans notre législation depuis 1920, le maréchal
Pétain s’adressa ainsi aux mères de famille en 1941,
à l’occasion de cette journée officielle :
« La France célèbre aujourd’hui la famille.
Elle se doit d’honorer d’abord les mères. Depuis
des mois, je convie les Français à s’arracher aux
mirages d’une civilisation matérialiste, je leur ai montré
les dangers de l’individualisme. Je les ai invité à
prendre leur point d’appui sur les institutions naturelles et
morales auxquelles est lié notre destin d’hommes et de
Français. La famille, cellule initiale de la société,
nous offre la meilleure garantie de relèvement. Un pays stérile
est un pays mortellement atteint dans son existence. Pour que la France
vive, il lui faut des foyers.
« Le foyer est la maison où l’on se réunit,
c’est le refuge où les affections se fortifient, c’est
cette communauté spirituelle qui sauve l’homme de l’égoïsme
et lui apprend à s’oublier pour se donner à ceux
qui l’entourent.
« Maîtresse du foyer, la mère, par son affection,
par son tact, par sa patience confère à la vie de chaque
jour sa quiétude et sa douceur. Par la générosité
de son cœur, elle fait rayonner autour d’elle l’amour
qui permet d’accepter les plus rudes épreuves par un courage
inébranlable.
Mères de notre pays de France, votre tâche est la plus
rude. Elle est aussi la plus belle. Vous êtes, avant l’Etat,
les dispensatrices de l’éducation. Vous seules savez donner
à tous ce goût du travail bien fait, ce sens de la discipline,
de la modestie, du respect, qui font les hommes sains et les peuples
forts. Vous êtes les inspiratrices de notre civilisation chrétienne.
« Et voici qu’aujourd’hui dans nos deuils, dans nos
misères, vous portez la plus lourde des croix. Mères de
France, entendez le long cri d’amour qui monte vers vous. Mères
de nos tués, mères de nos prisonniers, mères de
nos cités qui donneriez votre vie pour arracher vos enfants à
la faim, mères de nos campagnes, qui seules à la ferme
faites germer les moissons, mères glorieuses, mères angoissées,
je vous exprime aujourd’hui toute la reconnaissance de la France.
»
A
la suite de cette allocution le ministre de l’Education nationale
invita tous les maîtres à attirer l’attention des
enfants sur tout ce que la vie de leurs mères représente
de dévouement, de sacrifices, d’amour dans l’accomplissement
de son labeur quotidien. Chaque année désormais, les enseignants
coopèrent avec leurs élèves pour la préparation
d’un hommage aux mères de ceux-ci sous des formes diverses
(lettres, poésies, cadeaux…).
Depuis 65 ans, les enfants de France continuent ainsi à fêter,
chaque année leur mère.
Henry d’Humières
Avril 2007