9 Mai 1945

C'est le Maréchal Pétain qui, avec le Général Weygand, prépara et permit la revanche militaire sur l'armée allemande.

Le 4 octobre 2006, après la sortie dans les salles de cinéma françaises, du film "Indigènes", l'hebdomadaire, "MINUTE" afficha sur sa couverture en gros caractères
le titre suivant : "L'ARMEE d'AFRIQUE c'est PETAIN".
C'est en effet le maréchal Pétain, qui avait fait reconstituer en octobre 1940, cette armée par le général Weygand nommé délégué général du gouvernement pour
l'Afrique française.
Dès le 19 novembre 1942, cette armée se battait contre les Allemands en Tunisie, puis se distinguait particulièrement durant la campagne d'Italie et, après son débarquement sur les côtes de Provence le 15 août 1944, libérait un tiers du territoire métropolitain jusqu'au Rhin, poursuivant ensuite jusqu'au Danube. Le 9 mai 1945, son chef, le général de Lattre de Tassigny, signait l'acte de capitulation de l'armée allemande aux côtés des autres chefs alliés, à Berlin.
Dès le 25 juin 1940, lorsqu'entra en vigueur l'armistice –sauveur- avec l'ennemi, Pétain et Weygand avaient préparé la revanche militaire, qui se concrétisa ainsi : Le général Weygand avait déclaré : "le premier devoir d'une armée battue est de préparer la revanche; préparer l'encadrement et l'armement des futures unités de combat et, plus encore, entretenir la flamme de la Revanche qu'il ne faut à aucun prix, laisser s'éteindre".
En plein accord avec le maréchal Pétain, il agissait en conséquence, faisant camoufler du matériel militaire, préparant une mobilisation clandestine, maintenant l'action des services de renseignements, ceux-ci étant transmis aux Britanniques, faisant arrêter 3000 agents de l’Axe, dont 42 furent fusillés.
Il organisait l'armée de l'armistice en faisant effort sur son encadrement et sur l'instruction en vue de la reprise du combat.
Au sujet de la formation des cadres, ancien élève de 1940 à 1942 à l'Ecole de Saint-Cyr, recentrée à Aix-en-Provence, je me dois de citer un passage du livre d'or de ma promotion : il concerne l'inspection de l'Ecole le 23 juillet 1941 par le maréchal Pétain. Celui-ci s'adresse à tous les instructeurs et élèves-officiers réunis dans un amphithéâtre, "Ayant prié les journalistes de le laisser seul comme un grand Ancien avec ses jeunes, le Maréchal affirme que les Allemands demeurent l'ennemi et que sa politique s'inspire de celle de la Prusse après Iéna, évoque le traité de Tilsit, qui la laisse humiliée et amoindrie, mais non pas brisée, et, se retournant vers le commandant de l'Ecole, lui demande de former ses élèves en vue de la revanche, en particulier de les rendre aptes aux combats de guérilla qui ont conduit à la défaite des troupes impériales en Espagne".
Après sa dissolution en décembre 1942 du fait de l'invasion par les Allemands de la "zone libre", l'armée de l'armistice allait fournir des cadres -évadés de France- à l'armée d'Afrique, ainsi qu'à la résistance intérieure : 1500 officiers d'active ont encadré les formations de l'ORA (Organisation de Résistance de l'Armée), qui a perdu 2400 hommes au combat ; d'autres officiers regagnèrent les formations de l'Armée Secrète ou des « Francs-Tireurs et Partisans ».
Il faut souligner que, au sein de la première Armée française, l'amalgame voulu et réalisé par son chef, le général de Lattre, entre 137.000 maquisards des FFI (Forces Françaises de l'Intérieur) et les combattants des unités venues d'Afrique du Nord, a été facilité du fait que la majeure partie de ces unités FFI, étaient encadrées par des officiers venues de l'armée de l'armistice.

En ce qui concerne le domaine capital de l'action militaire, les actes du Maréchal ont été régulièrement contraires aux intérêts et aux exigences des Allemands, a rappelé le général Laffargue.

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Grâce à l'armistice -sauveur- effectif le 25 juin 1940, la France d'Afrique était restée libre et le Maréchal y envoya comme proconsul, en octobre 1940, le général Weygand.
Nous citerons le général de Monsabert, ancien commandant du 2ème Corps de la 1ère Armée : " En arrivant en Afrique, le général Weygand trouva une situation morale à peine ébranlée : la confiance dans le Maréchal, chef de l'Etat y est unanime, unissant Européens et Musulmans, si grand est l'attachement de l'homme au chef dans ces peuples guerriers. Sur cette base, Weygand va communiquer à tous sa foi dans l'avenir. Par une politique musulmane hardie et généreuse, il assure le loyalisme des populations musulmanes. L'unanimité de la France d'Afrique va se faire derrière son armée à qui il prescrit une consigne fort claire : préparer la Revanche. Dans ce but, elle doit s'entraîner dans la foi avec les armes qui lui restent.; on camouflera d'ailleurs tout ce qu'on peut dissimuler d'armements supplémentaires ; l'avenir est aux manoeuvres hardies ; des réduits de manoeuvres sont créés dans des terrains difficiles d'accès, et une mobilisation clandestine préparée sur l'ensemble du territoire. Les contacts sont pris avec tous les anciens soldats jusqu'au plus profond du bled. Le général Weygand va illustrer cette politique par une cérémonie insigne, la célébration, en 1941, du centenaire de la création des régiments de Tirailleurs et de Spahis algériens. Cette célébration amena un membre de la commission d'armistice à écrire : "Je viens de voir cette armée d'Afrique; qui a l'orgueil d'une armée qui n'a pas été vaincue".

On comprend que le gouvernement allemand exigea le départ du général Weygand. Heureusement le Maréchal lui donna pour successeur, comme commandant chef en Afrique du Nord, le général Juin, qui poursuivit son oeuvre sur le plan humain comme sur le plan militaire. C'est ce qu’explique l'extraordinaire cohésion et l'esprit de corps dont fera preuve l'armée d'Afrique tout au long de la campagne. Elle sera renforcée par une mobilisation de caractère régional unissant dans une même foi, le destin de la Mère-Patrie, Chrétiens, Musulmans et Israélites.

En novembre 1942, quand l'Afrique du Nord française fait retour dans la guerre, elle dispose de 225.000 hommes dont 6700 officiers grâce à un appel de réservistes clandestinement préparé. C'est l'occasion de souligner l'effort exceptionnel fourni par les Français de souche européenne ("pieds-noirs"). Sur 1 075.000, 175.000 hommes et femmes ont été mobilisés de 1943 à 1944 soit 16,4% de la population. Cette armée d'Afrique a compté dans ses rangs 233.000 Musulmans d'Algérie, du Maroc et de Tunisie, 70.000 Africains ainsi que des unités des Forces Françaises Libres et 20.000 évadés de France.
Nombreuses sont les tombes des Pieds-noirs, des Maghrébins et des Africains noirs dans les cimetières militaires de Tunisie, d'Italie et de tout l'Est de la France, alors que tous leurs sacrifices sont loin d'être exaltés lorsqu'on enseigne l'histoire aux jeunes générations depuis 1945 !

En Tunisie jusqu'à la victoire française de Medenine et à la capitulation allemande du 12 mai 1943, les troupes eurent un rôle primordial. C'est devant ces français que le redoutable Afrikakorps capitula et un chef de peloton de chars Somua, dissimulés à la commission d'armistice, captura, le 12 mai, le général von Arnim, commandant en chef de tous les forces de l'Axe en Tunisie. Sous le commandement du général Juin et des chefs prestigieux, en Italie, l'armée d'Afrique progressivement réarmée et équipée par les Américains se couvrit de gloire à travers les montagnes de la péninsule italienne jusqu'à Rome et à Sienne, de telle sorte que le général américain Clark écrivit :
"C'est le corps expéditionnaire français qui d'une manière fulgurante nous avait ouvert le chemin de Rome. Plus vaillante unité combattante n'a jamais existé !".
La chevauchée de la 1ère Armée du général de Lattre depuis son débarquement sur les côtes de Provence, libérant le Sud-est et l'est de la France jusqu'au Rhin, puis, après avoir traversé celui-ci jusqu'au Danube constitue une page d'histoire qui devrait être mieux connue !
C'est de cette armée d'Afrique que le général Weygand avait forgé l'âme, de telle sorte qu'elle combattit ainsi glorieusement jusqu'au 8 mai 1945.

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"C'est nous les Africains qui arrivons de loin,
venant de nos pays pour sauver la Patrie,
car nous voulons porter, haut et fier
le beau drapeau de notre France entière."

Lors de la remise des palmes, le 25 mai 2006, au festival de Cannes, c’est ce "chant des Africains" qui a retenti; entonné à pleine voix par le réalisateur et les quatre acteurs principaux du film "Indigènes" Depuis 1946, une histoire "hémiplégique" a été enseignée à la jeunesse française. Le film "Indigènes" a eu le mérite d'informer la majeure partie de l'opinion publique française qui l'ignorait, du rôle primordial que l'armée d'Afrique, avec ses combattants africains, y compris un bon nombre de "Pieds-noirs", a joué, du 19 novembre 1942 au 9 mars 1945 pour concrétiser la revanche militaire contre l'armée allemande. Or ce sont Pétain et Weygand qui ont reconstitué cette armée d'Afrique.
Par ailleurs, après s'être fait projeter en septembre 2006, le film "Indigènes", le président de la République a enfin décidé la décristallisation, à partir du 1er janvier 2007 des pensions de retraite des anciens combattants d'outre-mer ayant servi dans l'armée française.
C'est à partir du budget de 1959 préparé par le général de Gaulle, chef du gouvernement, qu'avait été réduit considérablement le montant des pensions de retraite de ces anciens combattants métropolitains.
Au bout de quarante sept ans est enfin reprise une décision de justice conforme aux stipulations de la loi de 1919.
Depuis la guerre de 1914 à 1918, 1939 à 1945 et même jusqu'en 1962, nombreux ont été les soldats venus d'outre-mer, notamment africains, qui se sont battus, et pour un bon nombre jusqu'au sacrifice suprême, au sein des armées françaises. Ce devoir de justice s'imposait.
Du fait d'une meilleure information de l'opinion publique française, s'impose aussi un autre devoir de justice : le transfert à Douaumont auprès de ses soldats de Verdun, des cendres du Maréchal Pétain !


Henry d'Humières