Du 17 juin au 31 décembre 1940
Après l’armistice sauveur, la reconstruction de la France

La conclusion de l’armistice sauveur, entré en vigueur le 25 juin 1940, permit au Maréchal Pétain :- de préparer, dès fin juin, avec le général Weygand, la revanche entre l’armée allemande
- de faire face, avec son Gouvernement, aux très graves conséquences du désastre de mai juin par la mise en œuvre immédiate de la reconstruction matérielle sur tout le territoire métropolitain et par la mise en route avec vigueur du redressement intellectuel et moral du pays.
Le 10 juillet 1940, le maréchal Pétain devenait Chef de l’Etat français à la suite d’un vote, à une très large majorité, de l’Assemblée nationale. Celle-ci lui donnait pour mission d’établir et de promulguer une nouvelle constitution « devant garantir les droits du travail, de la famille, de la Patrie ».
L’armistice sauveur avait préservé de l’occupation allemande un tiers du territoire métropolitain, arrêté à deux millions le nombre de prisonniers français en captivité, conservé notre flotte de guerre ainsi que nos colonies et d’abord l’Afrique du nord.
La reconstruction de tout le territoire métropolitainCe territoire était dans une situation catastrophique. Au Sud de la Loire en particulier erraient des dizaines de milliers de jeunes sans travail et dix millions de réfugiés, dont femmes, enfants et vieillards, provenant de Belgique et de toutes les régions au Nord de la Loire, avaient besoin d’être hébergés et ravitaillés.
Nombre de ponts avaient sauté et il fallait immédiatement remettre en route les communications et faire fonctionner une administration désorientée.
Partout, cette administration allait se révéler de nouveau efficace : la plupart de ses membres, au lieu d’appliquer des méthodes bureaucratique, firent preuve d’abord du souci de l’homme.
Comme l’a écrit Henri Amouroux , l’été 1940, il faut que les trains puissent rouler. Or des centaines de ponts ont sauté, 1300 gares sont détruites, des milliers de kilomètres de voies ont été hachées, si bien qu’à la fin de juin 1940 dans les département touchés par le désastre une seule grande ligne fonctionne encore : Paris-Vierzon.
Les travaux sont menés si rapidement que, le 12 septembre 1940, fut dressé à la fois un bilan de ce qu’il fallait faire et de ce qui fut fait :
- six mille ouvrages d’art détruits, parmi lesquels cent cinquante grands ponts de routes ou de chemins de fer ;
- un réseau routier encombré de dizaines de milliers de voitures, de camions, de chars démolis, réseau dégradé par le passage des camions ;
- des canaux obstrués et embouteillés, notamment dans le Nord , le Nord- Est, le Sud-Est, fermés à la navigation par la destruction des écluses et des ponts, une batellerie privée de trois mille péniches et remorques ;
- des ports ravagés par les bombardements ;
- un matériel ferroviaire amputé de vingt-cinq mille wagons et de deux mille locomotives ave des gares détruites et de nombreuses voies coupées ;
- le service postal bouleversé par l’amoncellement des correspondances, des kilomètres de lignes téléphoniques et télégraphiques coupées ou à terre.
Or, au début du mois de septembre, la ligne de démarcation entre « zone libre » et « zone occupée » est franchie chaque jour par 35 trains et 4000 voitures ; presque tous les grands ponts détruits ont été remplacés par des passerelles provisoires, les routes sont déblayées, les trains circulent sur les deux tiers environ des parcours du temps de paix et la vitesse moyenne de ces trains est passée de 45 kilomètres à l’heure en juillet à 70. Enfin la poste, le télégraphe et le téléphone fonctionnent normalement là où l’occupant n’en limite pas l’usage.
Le Maréchal rendra hommage au personnel des ponts et chaussées, de la S.N.C.F, des services postaux, télégraphiques et téléphoniques, « qui ont donné par leur labeur et leur attitude un magnifique exemple ».
Et pourtant il fallait faire face aux considérables prélèvements : lourdes indemnités financières d’occupation et saisies de matériels sans contreparties opérées par les Allemands.
Afin de pallier un certain nombre de conséquences pour les entreprises industrielles, la loi du 16 août 1940 institua à la tête de chaque profession des comités d’organisation provisoires.
Comme l’a indiqué le Chef de l’Etat le 13 août 1940, la première tâche du Gouvernement est de procurer à tous une alimentation suffisante. Or l’arrêt du travail, les destructions résultant de la guerre, la paralysie des communications, l’exode d’une grande partie des populations agricoles, avaient fait surgir en divers points de territoire le spectre, que l’on croyait à jamais oublié, de la « hideuse famine ». C’est pourquoi des mesures de rationnement furent prises afin que tous, pauvres et riches, aient leur juste part des ressources de la nation.
Il faut souligner les efforts considérables des paysans, ainsi que, dans bien des exploitations , des femmes remplaçant leurs maris ou leurs fils prisonniers, auxquelles le Maréchal rendit particulièrement hommage. Pour aider le monde paysan, il créait, le 2 décembre 1940, la « Corporation paysanne ».
Les mesures en faveur des hommes :Au début de juillet 1940, il y avait, au Sud de la Loire, dix millions de réfugiés français et belges, dont la plupart pourraient rejoindre leurs foyers après avoir bénéficié de remarquables actions d’entraide de la part de la population locale et de l’administration française .
Un vaste plan d’assistance, d’entraide et de réinstallation fut mis en œuvre en s’appuyant notamment sur le Secours National , la Croix-Rouge française, le Comité américain d’aide aux réfugiés .

Le 30 novembre le maréchal Pétain lança un vibrant appel pour l’aide aux réfugiés lorrains expulsés depuis le 11 novembre et qu’il fallait accueillir et réinstaller en zone libre.
Sur l’ensemble du territoire, le Maréchal avait pris les mesures nécessaires afin que la solidarité nationale se manifeste vis à vis de ceux, nombreux, qui vivaient dans une situation précaire.
Très sensible au sort des deux millions et prisonniers, le Maréchal avait mis sur pied un service d’aide aux prisonniers actif et efficace, et fait en sorte que toutes les mairies de France marquent leurs sollicitude envers tous ces prisonniers par la confection et l’envoi régulier de colis.

Dans le cadre d’un message pour le Service National, le maréchal Pétain avait fait appel aux jeunes qui se mobilisèrent dans toute la France, pour les collectes au profit de cet organisme.
Il se préoccupait particulièrement des jeunes sans travail.
En juillet, 92 000 conscrits, appelés le mois précédent, erraient désemparés sur tout le territoire non occupé. Il fut fait appel au général de la Porte du Theil, fils de forestier et polytechnicien. Celui-ci, en quelques semaines, mit sur pied des « Chantiers de la Jeunesse » qui regroupèrent 86 710 jeunes avec un hébergement et une formation, leur travail s’effectuant en pleine nature.
D’autres jeunes sans travail furent pris en charge par des mouvements de jeunesse, dont certains crées dans ce but, comme les « Compagnons de France » ; le chômage des jeunes fut résorbé et furent développés immédiatement la préformation et l’apprentissage.
Sans l’impulsion du Maréchal, toutes les actions se lancèrent avec des responsables marqués par leur foi en l’avenir de la France à reconstruire.
Ces actions constituèrent une partie importante du redressement intellectuel et moral que mit en route le Maréchal, qui mena une politique neuve et hardie de formation de la jeunesse, une politique familiale efficace, une politique sociale au service de l’homme.
Henry d’Humières
le 11/11/07

  1. Quarante millions de pétainistes. Editions Robert Laffont, 1971
  2. grâce à l’armistice sauveur ;
  3. à la tête duquel, au début de juillet, le Maréchal plaça Robert Garric, ancien fondateur et dirigeant des « Equipes Sociales », crées, avec les conseils du maréchal Lyautey dans les années 30.
  4. Le maréchal Pétain tint à exprimer pour l’efficacité de ce comité toute sa gratitude aux Américains, dont, comme
  5. en 1917, ils souhaitait l’intervention militaire pour libérer la France.