25 juin 1940 – 9 mai 1945


C'est le Maréchal Pétain qui a préparé la revanche sur l'armée allemande

Cette revanche fut préparée dès l'entrée en vigueur de l'armistice sauveur, le 25 juin 1940.
A cette date, le général Weygand avait déclaré : « le premier devoir d'une armée battue est de préparer la revanche: préparer l'encadrement et l'armement des futures unités de combat et, plus encore, entretenir la flamme de la revanche qu'il ne faut, à aucun prix, laisser s'éteindre. »
En plein accord avec le maréchal Pétain, le général Weygand fit immédiatement mettre en oeuvre des mesures conservatoires et organiser « l'armée de l'armistice » dès juillet 1940.
Une fois devenu délégué général du Gouvernement pour l'Afrique française et suivant la prescription du maréchal Pétain, il reconstitua « l'armée d'Afrique » et « lui forgea une âme ».
Cette armée reprit le combat contre l'armée allemande le 19 novembre 1942 et le mena sans discontinuer jusqu'au 8 mai 1945, rendant leur gloire aux armes de la France.

MESURES CONSERVATOIRES
Dès le 25 juin 1940, les trois Secrétaires d'Etat aux Armées – Terre, Mer et Air – envoyèrent en Afrique du Nord tout ce qu'ils purent comme matériel, armes, munitions, ainsi que les escadrilles d'avion de combat.
Dès le 2 juillet, le général Colson, Secrétaire d'Etat « Terre », donna aux représentants des Régions militaires des directives pour camoufler les matériels et approvisionnements militaires . Fut préparée une mobilisation clandestine grâce au Service national des Statistiques sous l'impulsion du contrôleur général Carmille, qui devait en 1944 mourir en déportation.
Les Services français du Renseignement continuèrent leur action au profit de l'Intelligence Service britannique et poursuivirent des activités de contre-espionnage qui furent importantes.
500 agents allemands furent arrêtés, dont 42 condamnés à mort furent exécutés régulièrement.

L'ARMEE DE L'ARMISTICE
Dès juillet 1940, cette armée fut déployée dans toute la « zone libre. »
A toutes les unités militaires fut dispensée une instruction particulièrement dynamique avec un entraînement physique et sportif intense.
La formation des cadres fut primordiale. Dès l'automne 1940, les grandes Ecoles militaires furent en état de fonctionner avec des instructeurs orientés sur le rôle capital de la formation des hommes, ainsi que sur l'esprit de revanche. Il en fut de même en ce qui concerne l'instruction des sous-officiers dans des stages spécifiques.
Les contacts « armée-nation », notamment avec la jeunesse (Chantiers et mouvements de jeunesse), furent généralisés.
Le 23 juillet 1941, le maréchal Pétain inspecte les Ecoles militaires d'Aix en Provence (Saint Cyr et Saint Maixent). Ayant réuni dans un amphithéâtre officiers instructeurs et élèves-officiers, il leur rappela leur devise : « Ils s'instruisent pour vaincre ». En l'absence de journalistes, il affirma « que les Allemands demeurent l'ennemi et que sa politique s'inspire de celle de la Prusse après Iéna: le traité de Tilsitt avait laissé l'armée prussienne humiliée et amoindrie, mais non pas brisée ». Puis se tournant vers le général commandant les Ecoles, « il lui demanda de former ses élèves en vue de la revanche, en particulier de les rendre aptes aux combats de guérilla, qui ont conduit à la défaite des troupes napoléoniennes en Espagne ».
Après sa dissolution par les Allemands (décembre 1942), l'armée de l'armistice devait fournir des cadres tant à l'armée d'Afrique, grâce aux évasions de France notamment par l'Espagne, qu'aux maquis et organisations de résistance en métropole, en particulier ORA (Organisation de Résistance de l'Armée) et Armée Secrète. 1500 officiers encadrèrent les formations de l'ORA, dont les pertes furent sévères : 227 officiers (33 fusillés, 104 tués au combat, 90 morts en déportation) ; les pertes totales de l'ORA furent de 2 400 hommes soit 2,4% de l'effectif global de 100 000 hommes fixé pour l'armée de l'armistice.

L'ARMEE D'AFRIQUE
Désigné en septembre 1940 comme délégué général du Gouvernement pour l'Afrique française, chargé par le maréchal Pétain de reconstituer l'armée d'Afrique, le général Weygand s'attacha passionnément à cette tâche dès octobre 1940 en communiquant à tous sa foi dans l'avenir.
Par une politique musulmane hardie et généreuse, il assura le loyalisme des populations musulmanes : l'unanimité de la France d'Afrique va se faire derrière son armée, à laquelle il prescrit une consigne fort claire : « préparer la revanche ». Dans ce but, celle-ci doit s'entraîner par des opérations hardies utilisant des réduits de manoeuvres dans des terrains difficiles d'accès. Une mobilisation clandestine sera préparée sur l'ensemble du territoire, les contacts étant permanents avec tous les anciens soldats jusqu'au plus profond du bled.
La célébration, à l’automne 1941, du centenaire des régiments de tirailleurs et de spahis algériens donna lieu à des cérémonies et des manifestations remarquables, auxquelles participèrent nombre d’anciens combattants et membres des familles musulmanes et « Pieds-noirs ».
Mais, le 17 novembre 1941, le départ d’Afrique du Nord du général Weygand, exigé par Hitler, aurait pu avoir des conséquences désastreuses si le Maréchal n’avait pu le faire remplacer par le général Juin, qui continua la mise en condition de toute l’armée d’Afrique dans la ligne de son prédécesseur, tant sur le plan humain que sur le plan militaire.
C’est ce qui explique l’extraordinaire cohésion et l’esprit de corps, dont fera preuve l’armée d’Afrique tout au long de la Campagne. Elle sera renforcée par une mobilisation de caractère régional unissant dans une même foi, le destin de la Mère-Patrie, chrétiens, musulmans et israélites accoutumés à vivre ensemble. L’armée d’Afrique avait œuvré depuis sa création comme si la présence française au Maghreb devait consacrer éternellement la France d’Afrique. Dans ses rangs l’intégration était faite et il n’a pas dépendu d’elle qu’elle ne s’étende au Pays tout entier.
Cette armée d’Afrique reconstituée - armée Weygand - contribua grandement, avec ses seuls moyens, à la première victoire libératrice de Tunisie puis, avec un armement renouvelé, aux victoires d’Italie et à celles des côtes de Provence au Rhin et au Danube, libérant un tiers du territoire métropolitain.

Il faut souligner l’effort exceptionnel fourni par les Français d’Afrique du Nord de souche européenne (« les Pieds-noirs ») : 175 000 d’entre eux ont été mobilisés de 1942 à 1944, soit 16,4% de cette population de 1 075 000 hommes.
L’armée d’Afrique a compté dans ses rangs 233 000 musulmans d’Algérie, du Maroc et de Tunisie, ainsi que des dizaines de milliers d’Africains noirs. Les ont rejoints des unités des « Forces françaises libres » et 20 000 « évadés de France », dont 1 500 officiers venus par l’Espagne.
Nombreuses sont les tombes de certains de ces combattants, dont des Pieds-noirs, des Maghrébins, des Africains noirs dans les cimetières militaires de Tunisie, d’Italie et de tout l’Est de la France, alors que leurs sacrifices sont loin d’être exaltés lorsqu’on enseigne l’histoire aux jeunes générations depuis 1945.
Le 9 mai 1945, le général de Lattre de Tassigny, commandant cette armée d’Afrique à laquelle avaient été amalgamés 137 000 « maquisards » et qui était devenue la 1ère Armée française victorieuse, signait à Berlin, aux cotés des trois autres chefs Alliés, l’acte de capitulation de l’armée allemande.
Ainsi était concrétisée la revanche sur celle-ci de l’armée française reconstituée grâce au maréchal Pétain.
Nous ajouterons que, à partir du 2ème semestre 1940, le maréchal Pétain avait mis en route une politique neuve et hardie de formation de la jeunesse ; dans celle-ci était incluse une formation civique et patriotique. C’est ainsi que, malgré la présence de l’occupant, le Salut aux Couleurs se déroula au sein de tous les Chantiers et mouvements de jeunesse, dans toutes les écoles et lors des manifestations sportives : quelle gageure, qui fut tenue !

Colonel H. d’Humières
Octobre 2007