L’ARMISTICE SAUVEUR OBTENU GRACE AU MARECHAL PETAIN


La nécessité d’arrêter le combat
Dès le 12 juin 1940, le général Weygand, commandant en chef de l’armée française, avait exposé au Conseil des Ministres la situation suivante :

« Après la bataille des Flandres et le réembarquement à Dunkerque de l’armée britannique et d’une partie des forces françaises ayant du abandonner leur matériel, une deuxième bataille s’est livrée sur l’Aisne et la Somme. Pour tenir cette ligne, 60 divisions françaises sans fortifications, presque sans chars, ont lutté courageusement contre 150 divisions d’infanterie et 11 divisions cuirassées allemandes. L’ennemi, en quelques jours, a rompu notre dispositif, divisé nos troupes en quatre tronçons et envahi la majeure partie du sol français.
« La guerre était déjà gagnée virtuellement par l’Allemagne lorsque l’Italie est entrée en campagne, créant un nouveau front en face duquel notre armée des Alpes a résisté.
« L’exode des réfugiés a pris, dès lors, des proportions inouïes. Des millions de Français, rejoignant un million et demi de Belges, se sont précipités vers l’arrière de notre front, dans des conditions de désordre et de misère indescriptibles. »


L’intervention du maréchal Pétain
A 12h 30, le 17 juin, le maréchal Pétain, désigné comme Président du Conseil par le Président de la République, prononça l’allocution suivante :

« A l’appel de Monsieur le Président de la République, j’assume à partir d’aujourd’hui la direction du Gouvernement de la France.
Sûr de l’affection de notre admirable armée, qui lutte avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires contre un ennemi supérieur en nombre et en armes, sûr que par sa magnifique résistance elle a rempli nos devoirs vis à vis de nos alliés, sûr de l’appui des anciens combattants que j’ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur….
« C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat. Je me suis adressé cette nuit à l’adversaire pour lui demander s’il est prêt à rechercher avec moi, entre soldats, après la lutte et dans l’honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités »

Grâce à son prestige, le Maréchal obtint du Chancelier Hitler un armistice qui fut signé à Rethondes le 22 juin, puis, après négociations avec l’Italie, entra en vigueur le 25 juin à 0h 30.


Les clauses de l’armistice.
Les clauses sont sévères. Elles respectent cependant les conditions sine qua non fixées par Pétain, selon lesquelles les négociations devront être rompues dès lors que l’ennemi exigerait la livraison de tout ou partie de la flotte ou l’occupation d’un quelconque territoire de l’Empire. Or : la flotte n’est pas livrée, mais désarmée dans les ports français ; aucun territoire de l’Empire n’est occupé ; un tiers du territoire français demeure une « zone libre » de toute occupation allemande en comprenant tout le littoral méditerranéen.
Le plus grand nombre des unités aériennes de combat se retrouvera en Afrique du Nord au moment de l’entrée en vigueur de l’armistice.
Cet armistice fut un armistice sauveur :
- pour la France, à ce moment là
- pour l’avenir : l’Afrique du Nord, préservée de l’occupation allemande, servira, dès novembre 1942, de plateforme à partir de laquelle sera reconquise l’Europe.


L’utilité immédiate de l’armistice
« Si la France avait poursuivi, fin juin 1940, la guerre outre mer, a reconnu Winston Churchill, tout ce qui avait échappé à l’invasion serait occupé et des millions de Français auraient été emmenés en Allemagne comme prisonniers de guerre sans être protégés par aucun accord » .
La France conservera un gouvernement avec une administration couvrant tout le territoire et une armée de 100 000 hommes.
A partir de celle ci, « nous avons pu, a dit le général Weygand, cacher du matériel, conserver des gradés, préparer, mettre dans l’administration civile tous les services de recherches, de recrutement, de préparation à la mobilisation qui étaient nécessaires pour préparer les évènements futurs. »
Le 16 juillet, les Allemands ont envoyé un ultimatum au maréchal Pétain pour qu’il livre des bases en Afrique, les ports et la disposition de nos aérodromes. Le maréchal l’a refusé, grâce aux dispositions de l’armistice.


L’armistice prépare l’avenir
De Gaulle lui-même a déclaré le 15 mai 1945 : « stratégiquement les terres françaises devaient de par la nature, jouer un rôle capital (…) Quand on imagine ce qu’eut été le développement du conflit si la force allemande avait pu disposer des possessions françaises d’Afrique ! Au contraire, quelle fut l’importance de notre Afrique du Nord comme base de départ pour la libération de l’Europe ! »
Ayant eu, dès la conclusion de l’armistice, la préscience du rôle primordial qu’aurait à jouer dans l’avenir la préservation de l’Afrique du Nord française, c’est durant plus de deux ans que le Maréchal a veillé jalousement sur cette préservation.
En octobre 1940, le Maréchal mit en place le général Weygand comme délégué général du gouvernement pour l’Afrique française, avec mission de sauvegarder cette Afrique et de former une armée capable de la défendre et de la préparer pour l’avenir de la France.
En octobre aussi, prévenu par Fonck des plans de Hitler concernant l’Afrique du Nord et le Général Franco, le Maréchal fit alerter ce dernier. Aussi le Caudillo, lors de son entrevue avce le Chancelier à Hendaye le 23 octobre, esquiva la demande de passage des troupes allemandes par l’Espagne en direction de Gibraltar et du Maroc espagnol.
Ensuite « le déroulement des évènements va démontrer qu’en préservant jalousement le continent africain de la mainmise allemande et italienne, et en préparant l’armée d’Afrique et la population à la reprise du combat, Weygand va faire de l’espace algéro-marocain la base de départ la plus apte au lancement des contre offensives de libération de la France et de l’Europe occidentale »


Des citations caractéristiques :

o de Henri Amouroux : « le gaullisme a imposé l’idée qu’il ne fallait pas signer cet armistice et que Vichy était illégitime… C’est fabuleux. Mais ce n’est pas sérieux (….) Aujourd’hui la nécessité de l’armistice n’est pratiquement pas remise en cause, ce qui bouleverserait De Gaulle »
o du maréchal Göring : « l’armistice fut la plus grosse faute du Führer »
o de Renthe-Finck : « le Führer, le plus grand de tous les hommes vivants, a commis en juin 1940 une faute inconcevable en concluant l’armistice avec la France, au lieu d’occuper immédiatement tout le territoire français et, après avoir traversé l’Espagne , l’Afrique du Nord.
o du maréchal Keitel : « l’histoire eut été différente si nous avions pris Gibraltar et si le Führer n’avait pas laissé à la France sa marine, ses troupes coloniales et son Empire »
o d’Ernst Jünger : « en signant l’armistice de 1940, Pétain faisait ce que son peuple entier souhaitait ardemment et considérait comme la seule issue possible (…). La poursuite de la guerre eut entraîné l’occupation de la France entière et de l’Afrique »
o de William Langer : « la France aurait au moins, grâce à l’armistice, la possibilité de vivre . Il y avait une France non occupée, gouvernée et administrée par des Français (…). Et si on y rajoute l’Afrique du Nord qui resta non occupée, ce qui ouvrit finalement le chemin de l’Europe, la cause de l’armistice semble entendue. »
o de Winston Churchill : « en juin 1940, après la bataille du Nord, l’Angleterre n’avait plus d’armée, nous n’avions pas vu la question des chars et celle de l’aviation sur un plan suffisant. L’armistice nous a, en somme, rendu service. Hitler a commis une faute en l’accordant. IL aurait dû aller en Afrique du Nord, s’en emparer pour poursuivre sur l’Egypte. Nous aurions eu alors une tâche bien difficile ! »
o de Charles Bareiss : « Toute l’Alsace a estimé que l’armistice était dû uniquement au maréchal Pétain et à la mise en valeur de son passé de glorieux soldat (…) Il a évité à la France de devenir un immense camp de concentration et de connaître les déportations en masse ».


Henry d’Humières
2 décembre 2007