AUPHAN
Gabriel (1894 - 1982)
L'amiral
Aupahn est né à Alès (Gard), le 4 novembre 1894.
Entré à l'Ecole navale en octobre 1911, il fait partie
de la dernière promotion à suivre toute la scolarité
de l'Ecole navale sur le "Borda", un navire à voile
transformé en école. Il termine, en juillet 1914, sa campagne
d'officier élève à bord de la Jeanne d'Arc et,
au moment où la guerre éclate, il est choisi, parmi les
meilleurs officiers de sa promotion, pour servir à bord de ce
même navire, comme officier canonnier. A ce titre, il participe,
en avril 1915, aux opérations des Dardanelles. Il est ensuite
affecté au service de renseignements établi dans l'île
e Rouad, sur la côte de Syrie et organise alors un réseau
d'informateurs couvrant tout l'Orient. En septembre 1917, il est nommé
commandant en second du sous-marin "Le Verrier". Ce sous-marin,
basé à Brindisi, appartient à l'escadrille française
qui, avec deux autres escadrilles - italienne et britannique - assure
le blocus de l'Adriatique, empêchant l'adversaire de franchir
le canal d'Otrante. Ses qualités de chef et de marin lui permettent
d'accéder au commandement de ce même sous-marin dès
1920, pour lequel il reçoit un satisfecit ministériel.
Il se consacre ensuite à la préparation de l'Ecole de
guerre navale et écrit une thèse sur l'emploi tactique
des sous-marins en "meutes" de façon à rendre
leur action plus efficace, idées qui, comme on le sait, seront
réalisées par l'amiral Doenitz pendant la seconde guerre
mondiale.
Elève de l'Ecole de guerre navale en 1923-1924, son activité
se partage ensuite en tre le commandement de plusieurs navires de guerre
et des affectations à l'Etat-major de la marine. Encore jeune
lieutenant de vaisseau, il entre ainsi au cabinet du ministre Leygues
à la demande du futur amiral Darlan, alors chef de cabinet du
ministre. Il participe ainsi, au développement de la marine de
l'entre deux guerres. Quelques années plus tard, il poursuivra
cette tâche au sein du cabinet militaire de François Piétri.
Durant cette période, il alterne postes de réflexion et
commandements à la mer. Il commande ainsi le sous-marin "Fulton"
en 1925, le torpilleur "Palme" en 1929, les contre-torpilleurs
"Guépard" et "Jaguar" en 1931 et 1932. En
1936, il se voit confié le commandement du croiseur le plus moderne
de l'époque, "l'Emile Bertin" et, en octobre 1937,
reçoit le commandement prestigieux de la "Jeanne d'Arc"
avec laquelle il effectue le tour du monde (1937-1938) et une seconde
campagne dans l'Atlantique et le Pacifique (1938-1939). La conférence
sur le commandement, qu'il prononce alors devant les officiers élèves,
constitue, par sa profondeur, une source de réflexion et de méditation
toujours d'actualité (1).
Au moment où la guerre éclate, il est sous-chef d'état-major
des forces maritimes et prend avec les amiraux Darlan, Le Luc et Négadelle
une part essentielle à la direction des opérations navales.
Promu contre-amiral en juin 1940, il est chargé, au sein du gouvernement
de Vichy, d'assurer le ravitaillement de la métropole à
partir des convois navales venant d'outre-mer. Chef d'état-major
des forces maritimes en août 1941, il parvient à préserver
le patrimoine de la marine en métropole. Nommé secrétaire
d'Etat à la Marine en avril 1942, il oppose la plus vive résistance
aux exigences allemandes en matière de tonnage marchand. Au moment
du débarquement allié en Afrique du Nord, il parvient,
avec l'accord intime du Maréchal, à télégraphier
secrètement à l'amiral Darlan, alors en déplacement
à Alger, pour le conforter dans sa décision de cesser
les hostilités contre les alliés. En désaccord
avec la politique de Laval, il démissionne du gouvernement le
17 novembre 1942.
Concervant la confiance du maréchal Pétain, il est chargé
par ce dernier, en août 1944, d'une mission auprès du général
de Gaulle pour trouver une solution, permettant d'éviter la guerre
civile mais celui-ci refuse de le recevoir, écartant ainsi toute
perspective de réconciliation nationale entre français
de bonne foi. Condamné par contumace par la Haute Cour de justice,
en juillet 1946, il refuse de se rendre à une justice partisane
et se voit alors contraint de vivre dans la clandestinité jusqu'à
son procès, en 1955, qui se termine par une condamnation de principe.
L'amiral Auphan est décédé à Versailles
le 6 avril 1982. Il laisse le souvenir d'un français et d'un
officier exceptionnel mais aussi d'un chrétien exemplaire, comme
en témoigne son attachement à l'abbaye bénédictine
de Fontgombault dont il est oblat. Comme le disait le TRP Dom Antoine
Forgeot, lors de ses obsèques, "Ses ouvrages nombreux sont
de ceux que les générations à venir devront connaître
et étudier. Elles y trouveront la vérité historique
en même temps qu'une vraie philosophie de l'Histoire."
Citons ici les plus importants : "La Marine dans l'histoire de
France" (1955), "Les convulsions de l'Histoire ou le Drame
de la désunion européenne" (1955), "La Marine
française dans la Seconde Guerre mondiale" (1958), écrite
en collaboration avec Jacques Mordal, "Histoire de la Méditerranée"
(1962), "Histoire Elémentaire de Vichy" (1971), "Histoire
de la Décolonisation" (1975), et bien sûr ses mémoires,
"L'Honneur de Servir" (1978).
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(1)
: Les personnes qui seraient intéressées par le texte
de cette conférence peuvent contacter le secrétariat de
l'association (Association pour Défendre la Mémoire du
Maréchal Pétain, 5 rue Larribe 75008 PARIS Tél.
01 43 87 58 48